Faits divers Les errements de la correctionnalisation des crimes profitent à Christophe Hanotiaux.

C’est sans doute l’une des conséquences les plus marquantes de la réforme des cours d’assises initiée par le ministère Koen Geens : ce mercredi, un homme reconnu coupable d’assassinat n’a écopé que de 20 ans devant le tribunal correctionnel de Charleroi, alors qu’il aurait encouru la perpétuité devant un jury populaire.

Si récemment, la Cour constitutionnelle a cassé cette correctionnalisation quasi systématique des crimes, il n’en reste pas moins qu’une poignée d’affaires ont atterri dans ce trou noir juridique de quelques mois, qui laissait les magistrats dans le doute le plus complet.

Christophe Hanotiaux, qui répondait de l’assassinat de son ex-compagne, Céline Steelandt, a donc bénéficié de cet imbroglio puisque le tribunal correctionnel de Charleroi n’a pu lui décerner que la peine maximale de sa juridiction, à savoir 20 ans de prison ferme.

Pas de quoi soulager la famille de la victime à lauqelle le juge a toutefois laissé une possibilité d’aller en appel en n’octroyant pas, à quelques euros près, les dommages civils qu’elle réclamait.

C’est en décembre 2016 que Christophe Hanotiaux s’est rendu chez le voisin de son ex, à Roux, expliquant qu’il n’avait pas de nouvelles d’elle et qu’il craignait un acte de désespoir.

En pénétrant dans la chambre, les deux hommes ont effectivement découvert le corps sans vie de cette jeune femme de 36 ans.

Jouant les éplorés, Hanotiaux a bien vite attiré l’attention des enquêteurs, d’autant que le légiste venait de leur confirmer que la mort était due à une strangulation.

Interrogé à nouveau, l’ex a fini par reconnaître un meurtre "commis sous le coup de la colère". Mais dans son jugement, le tribunal a fait état d’un cheminement beaucoup plus machiavélique. D’une part, Christophe Hanotiaux était au courant depuis plusieurs jours, du fait que Céline voulait refaire sa vie avec un policier, elle qui l’avait quitté après deux ans de relation en lui expliquant patiemment que leur histoire était terminée. Il le savait d’autant plus qu’il avait forcé la jeune femme à appeler son amant devant lui et que, la veille des faits, elle avait découché.

D’autre part, il est avéré que Céline Steelandt a été étranglée vers 3-4 h du matin et que Christophe Hanotiaux a découvert de nouveaux SMS échangés par les amants vers minuit et qu’il a utilisé le GSM de la victime pour envoyer des textos sombres à son nouveau compagnon. Ainsi, il espérait renforcer la thèse d’un suicide, un scénario qu’il avait, selon le tribunal, planifié depuis un certain temps.

Le stratagème mis en place le lendemain, dont les SMS de fausse inquiétude qu’il a envoyés à la victime alors qu’il la savait morte, renforcent la conviction de la préméditation. Dans son délibéré, qui condamne Hanotiaux à 20 ans fermes, le tribunal aura encore noté le caractère glaçant de cet assassinat, commis à mains nues, les yeux dans les yeux, avec une Céline Steelandt qui s’est vue mourir.