Faits divers L’homme le plus recherché du royaume a passé un an au collège Saint-Pierre à Uccle. Ses anciens camarades se souviennent...

Alors que la traque d’Abdelhamid Abaaoud est toujours en cours, le parcours de l’homme le plus recherché de Belgique se précise peu à peu. Il y a une quinzaine d’années, celui qui a désormais pour nom de guerre Abou Omar Soussi a fréquenté le collège Saint-Pierre à Uccle.

Après l’avoir reconnu sur les photos diffusées dans la presse suite aux attaques terroristes déjouées la semaine dernière, de nombreux condisciples se sont dits choqués sur les réseaux sociaux. Ils étaient abasourdis de faire le lien entre le garçon qu’ils ont croisé sur les bancs d’école et cet homme qui apparaît dans une vidéo au volant d’une voiture traînant des cadavres mutilés en Syrie.

Pour le décrire, certains termes sont récurrents : drôle, turbulent, fauteur de troubles… Ses camarades de l’époque ont peu de souvenirs précis d’Abdelhamid Abaaoud qui a fait un passage éclair dans l’établissement ucclois. Tous nos interlocuteurs sont formels, il n’a passé qu’un an au collège Saint-Pierre durant l’année scolaire 1999-2000.

"Il était dans ma classe en 1re secondaire. Il était très impoli et se foutait de la gueule de tout le monde. C’était un petit con. Par contre, il n’avait rien d’un extrémiste. Quand je l’ai vu dans une vidéo il y a quelques mois, je l’ai reconnu : le même sourire, la même manière de parler. J’ai envoyé la vidéo à un ami qui m’a répondu que c’était impossible. Je l’avais déjà revu il y a plusieurs années, il tenait une canette de bière devant un cinéma. Je pense qu’il n’était pas encore tombé dans le radicalisme à ce moment-là", se souvient un ancien élève de Saint-Pierre désirant conserver l’anonymat.

D’autres élèves ont gardé le souvenir d’un garçon marrant. "C’était un élève un peu turbulent qui aimait bien défier l’autorité, mais il n’était pas vilain dans le fond. Il était drôle et aimait rire, même si cela consistait parfois à emmerder d’autres élèves…"

Abdelhamid Abaaoud traînait aussi une réputation de petit voyou. "Je me rappelle qu’il faisait chier pas mal de gamins, qu’il volait dans les poches des sacs pendant la récréation. Au square des Héros, il avait provoqué des policiers en ricanant à leur face, ce qui lui avait valu un contrôle…", se souvient l’un de ses condisciples.

Celui que l’on surnomme actuellement le cerveau de la cellule terroriste de Verviers ne faisait vraisemblablement pas partie des bons élèves du collège Saint-Pierre. Même si le passage de la 1re à la 2e secondaire était automatique à cette époque, ses points médiocres et ses problèmes disciplinaires expliqueraient son départ vers une autre école. Laquelle ? Ses anciens condisciples l’ignorent.