Faits divers

Le faux prince affirme s’être reconstruit

Celui qui s’était fait passer pour un faux prince et qui avait floué bon nombre de gens déclare “très bien vivre de son travail”.

Aujourd’hui, il s’exprime car il aimerait “rétablir certaines vérités. J’aimerais corriger le tir et éviter qu’une certaine presse aille dans le mauvais sens. J’ai appris que quelques journalistes avaient ma feuille d’impôts. C’est un peu dur de l’apprendre… Certains cherchent à contacter mon vrai père aussi. J’essaie de le préserver. Je veux juste dire qui je suis, d’où je viens et ce que je fais depuis trois ans… Je le dis droitement : ça fait trois ans de ma vie que je ne joue plus.”

Dans le train à destination de Bruxelles, après un séjour à Londres puis à Paris, Abdelkarim s’exprime.

On a souvent entendu que vous étiez un enfant de la DASS et qu’on vous avait trouvé sur les marches d’une église…

“C’est faux. Les gens ne savent pas forcément que j’ai grandi dans un milieu modeste… J’ai eu une belle enfance. Je n’ai pas été adopté ou abandonné sur les marches d’une église. Mes parents sont d’origine algérienne. Mon père a créé sa propre boîte de transports qui marchait plutôt bien, avant de se lancer dans l’immobilier. J’ai rencontré Michel Delberghe (NdlR : le père qui l’a pris sous son aile) quand j’avais 20 ans. À l’époque, je m’étais brouillé avec mon père, de confession juive, parce que j’avais choisi d’aimer une fille catholique… À ce moment-là, j’étais fragile. Je manquais de repères. Certaines personnes sont tombées dans la drogue ou l’alcool, je suis tombé dans la délinquance astucieuse. C’est comme ça que ça s’est passé… La vérité, c’est que j’ai inventé un milieu pauvre pour justifier mes escroqueries.”

Quelles relations entretenez-vous avec vos parents ?

“Je remercie mes parents de m’avoir gâté durant mon enfance. Aujourd’hui, j’ai récupéré mon honneur. J’ai renoué avec mon père depuis un an et demi. Il a attendu que je monte ma propre boîte. Ça me fait plaisir qu’il me dise qu’il est fier de moi…”

Que faites-vous aujourd’hui ?

“Je suis chef d’entreprise. J’ai monté ma boîte de location de voitures sans permis. J’ai une filiale à Paris et une autre à Londres. Et je travaille avec mon père. On a 2-3 maisons et 2 appartements qu’on loue. Je récupère peu à peu ce qu’il a construit.”

Vous ne mentez plus ?

“C’est comme pour la couleur des cheveux : on ne reste pas délinquant toute sa vie…”

Dernièrement, on vous a interrogé quant à un vol de tableaux...

“J’ai été auditionné comme témoin. Ils ont été interpellés par mon train de vie. Je suis un petit rentier mais un rentier quand même. Je voyage à peu près 6 fois par an. Je suis ressorti libre. J’étais là la veille du vol et le lendemain aux États-Unis. Et ils m’ont dit qu’un tel vol, ça me ressemblait : sans violence.”



© La Dernière Heure 2011