Faits divers Selon la sociologue Agnès De Féo, qui s’intéresse aux femmes portant le niqab, l’ado uccloise disparue a probablement fugué.

"Porter le jilbeb ou le niqab à 14 ans n’est pas anodin. Cette jeune fille est clairement dans un trip salafiste. Elle veut montrer à la société qu’elle est une vraie musulmane, qu’elle est plus musulmane que ses parents. Il y a une démarche de transgression vis-à-vis des parents et de la famille, qui est généralement peu pratiquante et fort occidentalisée. Il y a une crise d’identité. Porter le niqab, c’est un peu comme devenir punk, il y a quelques années. Ce qu’il faut surtout éviter, c’est dire directement qu’elle est manipulée par des hommes. C’est généralement une démarche personnelle", explique la sociologue et documentariste française Agnès De Féo, qui étudie, depuis des années, les motivations des femmes portant le niqab, alors qu’une ado uccloise de 14 ans le portant régulièrement a disparu mercredi.

Celle qui a rencontré ces dernières années plus de 150 femmes porteuses du niqab en Belgique et en France et en a sorti plusieurs documentaires, dont le dernier, Voile interdit, qui date de 2017, établis deux types de femmes : les adolescentes en rupture et les femmes plus âgées voulant se racheter une virginité.

"Contrairement à ce que l’on peut croire, la grande majorité d’entre elles n’ont pas d’homme dans leur vie, mais aussi très peu de culture religieuse. Passés ces deux points communs, il y a deux catégories : les jeunes en rupture identitaire et se rebellant par rapport à leur milieu, qui est généralement plutôt bourgeois et dont l’identité religieuse est peu exprimée, et celles, plus âgées, qui veulent se racheter une virginité. Ce sont alors des femmes qui ont eu plusieurs compagnons, se faisant parfois battre ou ayant des enfants hors mariage".

Dans le cas de la jeune Uccloise disparue, on peut faire l’hypothèse d’une fugue adolescente, la jeune fille voulant priver sa famille de sa présence car ne s’estimant pas à sa place.

Sur une des photos de l’avis de recherche, la jeune fille porte un jilbeb. Un voile quasi intégral qui ressemble au niqab et s’avère souvent l’étape intermédiaire avant le port de celui-ci. "Son port est une démarche volontaire", insiste la sociologue.