Faits divers

Le Maroc réclamait pourtant l'extradition de ces derniers


BRUXELLES Hassan Y., 48 ans, et Abdellah C., 54 ans, deux ressortissant belges d'origine marocaine, ont été mis en liberté mercredi après-midi par la chambre des mises en accusation de Bruxelles. Ils avaient été arrêtés le 27 novembre dernier, sur base d'une double demande d'extradition adressée par le Maroc à la Belgique. Ils sont soupçonnés par les autorités marocaines d'activités terroristes, entre 1988 et 2008, dans la mouvance d'Abdelkader Belliraj.

Abdellah C. est suspecté d'"activités terroristes" sans davantage de précision, tandis que Hassan Y. est tout particulièrement recherché pour les assassinats d'un ressortissant saoudien et d'un ressortissant tunisien, commis en Belgique, en 1989. Le 27 novembre, la Belgique n'était saisie que d'une double demande d'extradition et la juge d'instruction bruxelloise, Isabelle Panou, avait délivré à leur encontre des mandats d'arrêt provisoires. Cependant, le 23 décembre, le parquet fédéral a signifié à la prison de Forest deux mandats d'arrêt internationaux délivrés par le Maroc et validés de manière unilatérale par la chambre du conseil de Bruxelles.

Par conséquent, lorsque la chambre des mises en accusation de Bruxelles a mis les deux suspects en liberté, le 24 décembre, le parquet fédéral a fait savoir qu'ils devaient rester détenus pour autre cause, en vertu des mandats d'arrêt internationaux. Hassan Y. et Abdellah C. avaient donc à nouveau saisi la chambre des mises en accusation de Bruxelles pour réclamer leur mise en liberté. Leurs avocats, Mes Frédéric Vancrombreucq, Vincent De Wolf, Sven Mary et Christophe Marchand, ont plaidé mercredi que le parquet fédéral ne pouvait pas soutenir qu'une seconde cause devait imposer le maintien en détention. A leurs yeux, il s'agit des mêmes faits visés par les autorités marocaines, dans le cadre des deux démarches accomplies auprès de la Belgique.

La chambre des mises en accusation les a suivis, relevant par ailleurs que les intéressés ne représentent pas une menace pour la sécurité publique, qu'ils vivent en Belgique depuis plusieurs dizaines d'années et qu'ils ont obtenu la nationalité belge depuis une dizaine d'années.

Les plaideurs avaient également souligné que le Maroc avait demandé la double extradition en mars dernier, sur base de déclarations de Belliraj qui les aurait impliqués dans certaines de ses activités mais que, depuis lors, aucune précision et aucun élément nouveau n'ont été livrés dans le dossier.

© La Dernière Heure 2008