Affaire Younes: beaucoup contradictions chez l'accusé

Publié le - Mis à jour le

Faits divers

L'accusé, âgé de 71 ans, doit répondre du meurtre de son fils de 4 ans en octobre 2009 à Comines

MONS Les inspecteurs en charge de l'enquête sur la mort de Younes ont été longuement entendus devant la cour d'assises du Hainaut au premier jour du procès du père de l'enfant, Mohamed Jratlou. Dans l'espoir de retrouver Younes vivant, un nombre impressionnant de moyens ont été mis en oeuvre. Le Bizet (Comines) se trouvant à la frontière, les recherches intensives se sont poursuivies des deux côtés de la frontière franco-belge.

Un hélicoptère a participé aux recherches. La police spéciale des autoroutes, des maîtres-chiens, la Protection civile ont appuyé les investigations de la police de Comines. Des riverains ont même donné de leur temps. Toutes les pistes se sont révélées vaines, exceptée la piste intra familiale.

Il ressort de l'enquête de nombreuses contradictions entre les déclarations de l'accusé et les éléments probants. Les témoins ont relevé également plusieurs divergences dans les auditions du couple. Mohamed Jratlou indique que son couple fonctionnait, que s'il lui arrivait de boire, jamais il ne s'était montré violent tout en reconnaissant qu'il cachait les passeports pour empêcher sa femme de partir au Maroc. Naïma Zraidi affirme au contraire que son mari se montrait agressif sous l'influence de la boisson et que la nuit des faits elle lui avait annoncé son intention de le quitter et de déposer une plainte contre lui.

Wasir avait 8 ans au moment des faits. Unique témoin direct de la dispute entre ses parents puis de la disparition de Younès, il ne viendra pas témoigner au procès. "Dans ses déclarations, l'enfant était très précis sur le déroulement de la dispute et sur le moment où il retrouve sa mère, avec son père. L'instant qui correspond à la disparition de Younes est beaucoup moins clair, voire confus, mais selon lui, la maman est la première à avoir quitté la maison, suivie de Younes puis du père", a précisé un inspecteur.

C'est à proximité de l'écluse du cours d'eau de la Lys, à deux mètres du barrage, que le corps a été découvert le 10 novembre 2009, après deux semaines d'enquête. A l'annonce du décès de son fils, Naïma Zraidi s'est effondrée, choquée, d'après les témoins. Tandis que l'accusé faisait preuve d'impassibilité, allant jusqu'à déclarer son épouse responsable des faits. "Si elle n'était pas partie, Younes ne serait pas mort. Elle n'a pas fait son devoir de le surveiller", a-t-il déclaré aux inspecteurs.

Les experts légistes et psychiatres seront entendus jeudi matin.

© La Dernière Heure 2012

Publicité clickBoxBanner