Faits divers

La Sûreté de l'Etat a transmis le 19 septembre une information classifiée sur Icham Diop, l'auteur d'une agression contre deux policiers à Schaerbeek, au SGRS (renseignement militaire), à l'Organe de Coordination de l'Analyse de la Menace (OCAM) et au parquet fédéral, a indiqué jeudi le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon à la Chambre.

Le ministre n'a pas livré le contenu de cette information. Les services ont estimé que cette personne ne présentait pas un danger direct pour les personnes et les institutions, a-t-il toutefois précisé en réponse à des questions de Laurette Onkelinx (PS), Gilles Vanden Burre (Ecolo), Françoise Schepmans (MR), Hans Bonte (sp.a), Koenraad De Groote (N-VA) et Filip Dewinter (VB).

Une évaluation qui interpelle plusieurs députés. "Certains protagonistes des attentats de Paris ou de Zaventem et de Maelbeek étaient aussi considérés de cette manière-là", a fait remarquer la cheffe de groupe PS.

Le ministre a demandé par ailleurs des explications sur la raison pour laquelle l'information n'a pas été communiquée aux autorités locales. Le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (DéFI), s'est plaint en effet de ne pas avoir été averti de la radicalisation d'Icham D. et de n'avoir pas pu prendre des mesures de suivi.

Plusieurs députés ont pointé du doigt une présence policière insuffisante à Bruxelles alors que la population de la capitale s'accroît sans cesse. Le gouvernement fédéral a commencé la mise en oeuvre de son plan Canal qui doit renforcer l'effectif policier dans la Région bruxelloise et certaines communes, a rappelé M. Jambon, soutenu par le MR.

"Est-ce que tous les problèmes sont résolus? Non, mais on a des résultats et plus qu'espéré", a affirmé M. Jambon.

Selon les calculs de DéFI, le plan (qui repose sur les polices locales, la réserve et la police judiciaire) ne résout pourtant qu'un dixième du problème que connaissent les polices locales. Il y a à Bruxelles environ 31 policiers pour 10.000 habitants alors qu'ils sont 42 en moyenne dans les quatre autres grandes villes. Il faudrait 1.048 en plus dans les zones de police bruxelloises, affirme DéFI, dont 319 pour Bruxelles-Ouest où se trouve Molenbeek.

Si Mme Schepmans, bourgmestre de Molenbeek, s'est félicitée des opérations menées dans sa commune, Ecolo, dans la majorité communale, a fait entendre un autre son de cloche. M. Vanden Burre a fustigé le train de mesures "sécuritaires" du gouvernement, notamment les opérations de contrôle généralisé menés à Molenbeek.

"Pensez-vous mettre sous surveillance 11 millions de Belges? " a demandé le député, suscitant l'irritation du ministre.

Le vice-premier ministre N-VA a rappelé au Vlaams Belang qu'avant d'enfermer une personne, celle-ci devait avoir commis des faits répréhensibles et avoir été jugée. "On n'est pas dans une situation d'urgence. Inverser cet ordre, cela n'appartient pas à l'arsenal d'un Etat de droit", a-t-il déclaré.

Sur les bancs de l'opposition, quelques députés ont raillé le ministre en lui rappelant les principes du plan de sécurité présenté par le président de son parti, Bart De Wever.