Faits divers Le prévenu a révélé une lettre dans laquelle les personnes qui ont reçu de l’argent sont citées mais pas le bourgmestre PS.

Le tribunal liégeois a poursuivi l’examen du procès concernant des soupçons de corruption dans le cadre de la construction de l’incinérateur Uvelia par la société Inova France pour l’intercommunale Intradel.

Pour rappel, la société Intradel s’est constituée partie civile dans le cadre de ce dossier.

Lors de la dernière audience consacrée à cette affaire, Philippe Leroy, l’ancien directeur d’Inova France, a déclaré qu’Alain Mathot avait bénéficié de 720.000 euros pour appuyer la candidature de sa société.

Cette fois, le tribunal a entendu Michel Vander Elst, un ancien avocat radié après avoir été condamné à 8 ans de prison pour sa participation avec la bande à Haemers dans l’enlèvement de l’ancien Premier ministre Paul Van den Boeynants en 1989. Il était le conseiller juridique de Léon-François Deferm, un milliardaire proche d’Alain Mathot.

Philippe Leroy avait déclaré que Deferm avait reçu un million d’euros. Pour Michel Vander Elst, il n’est pas crédible d’affirmer qu’Alain Mathot s’était vu prêter de l’argent par M. Deferm comme l’affirme Philippe Leroy. "Alain Mathot était comme son fils spirituel, mais il n’a jamais été question de lui prêter de l’argent", a indiqué ce prévenu. "Comme tous les gens riches, c’est un radin, il ne prêterait pas d’argent à ses parents. Il aurait pu avancer de l’argent mais pas en prêter."

L’ancien directeur général d’Intradel a affirmé que le marché public s’était déroulé normalement et que les deux propositions des entreprises avaient été soumises à un bureau d’expertise qui les avait analysées pour trancher. "Personne n’a été influencé", a estimé ce prévenu.

Le tribunal a également entendu Klaus Zink, le directeur général délégué d’Inova. Il était le supérieur hiérarchique de Philippe Leroy. L’homme a révélé à l’audience qu’il avait retrouvé en juin dernier un document manuscrit de la main de Leroy. Cette lettre aurait été rédigée en décembre 2008. L’homme y spécifierait les bénéficiaires et les montants des commissions versées dans le cadre de ce marché. Dans cet écrit, plusieurs personnes sont désignées, mais pas Alain Mathot.

Philippe Leroy n’était pas présent à cette audience pour s’expliquer. Certaines parties le soupçonnent d’avoir subtilisé l’argent qu’il dit avoir versé. Étant donné ce rebondissement, les parties ont décidé d’ajouter une audience le 23 janvier prochain pour confronter Philippe Leroy et son ancien supérieur hiérarchique.