Faits divers "Elle a refusé, c’était définitif. Je l’ai poignardée, puis j’ai tué les deux autres"

Nous révélions, dans nos éditions du week-end, le contenu des aveux d’Alexander Dean, le bodybuilder fou, sur le premier de ses quatre meurtres commis les 22 et 25 juillet 2017 à Gistel et dans un château à Sint-Amandsberg, en Flandre-Occidentale.

Celui de ce photographe amateur de 39 ans Jeroen Verstraete à qui il reprochait d’avoir pris 238 photos "indécentes" de Maïlys Descamps dont il était amoureux.

Après ce premier meurtre, Dean se rend à Gistel où, en l’absence des parents en vacances d’été en France, Maïlys vit chez ses grands-parents. Comme il l’a fait au château de Sint-Amandsberg, son premier soin a été de repérer les lieux.

"Je me suis caché dans le jardin de la villa, dit-il dans ses aveux . Il y avait un trampoline : j’ai dormi en dessous. Je savais qu’ils avaient une échelle. Je m’en suis servi pour m’introduire par une chambre à l’étage en façade arrière. Il ne fallait pas trahir ma présence. Je suis redescendu et j’ai retiré l’échelle. Personne ne pouvait savoir que j’étais à l’intérieur."

Maïlys, 18 ans, est vendeuse à Ostende chez Mondieux Madame Shoes and Bags, une boutique de cuir.

C’est l’été. Elle rentre à vélo. "Elle a rangé le vélo au garage. Elle a vraiment failli me voir. Elle avait sûrement vu quelque chose qui a dû lui faire peur puisqu’elle a téléphoné à ses parents en France."

Maïlys se méfiait ! Quelques semaines plus tôt, Alexander Dean l’avait attendue à la gare de Bruges. Il était armé d’un couteau.

En France, la mère de Maïlys sent qu’il y a danger. Elle dit à sa fille de se cacher dans les buissons et d’attendre le retour des grands-parents. Ah, si seulement elle lui avait plutôt dit d’aller à la police…

Un voisin la voit qui se cache dans les buissons. Maïlys lui fait le signe "chuuut".

Le voisin se méprend. Il pense qu’elle joue à cache-cache avec son petit frère Maël.

Arrivent les grands-parents. Maïlys ne s’était pas trompée. Il y avait en effet quelqu’un dans la villa : Dean se montre.

Comme avec Jeroen Verstraete qu’il finira par tuer, il commence par parler. Il fait s’asseoir tout le monde. Ce qu’il veut, dira-t-il aux enquêteurs, "c’est récupérer Maïlys. Va-t-elle accepter ? Il promet de prendre soin d’elle".

À un millier de kilomètres, les parents sont au comble de l’angoisse. Que se passe-t-il ? Maïlys ne décroche plus. Ils veulent alerter un voisin, lui demander d’aller voir.

Ils continuent d’appeler. Finalement, quelqu’un décroche.

C’est une voix masculine. Les parents reconnaissent Dean, l’ancien petit ami qui harcèle leur fille. Les parents demandent à Dean de leur passer Maïlys.

Finalement, Dean accepte. Leur fille répond de ne pas s’inquiéter.

Tout dit-elle se passe dans le calme. Les parents disent qu’ils vont quand même prévenir la police.

Et tout est allé très vite. Dean affirme qu’il se serait agenouillé pour montrer à Maïlys les images horribles sur son smartphone du meurtre de Jeroen Verstraete. "Dans mon esprit, le problème avec le photographe était réglé. J’ai donc demandé à Maïlys si elle acceptait de revenir en couple. Je l’ai suppliée. Elle a refusé. C’était un refus ferme. Je l’ai poignardée."

"Un seul coup", dit-il.

Puis le grand-père , Gerry Cappon, 68 ans.

Enfin, quatrième victime du bodybuilder de la mort, il poignarde la grand-mère, Marie-Josée Vanleene, 65 ans.