Faits divers Les deux dames voulaient porter plainte pour une agression contre elles.

Touria et sa fille ne pensaient pas qu’un différend pour un stationnement les mènerait à finir au cachot ce mardi après-midi à Anderlecht. Pour cause, elles avaient sollicité la police afin de déposer plainte.

La fille de Touria, une gérante de bar dans le quartier de la place de Vaillance à Anderlecht, s’était garée à proximité du café qu’elle gère avec sa maman. Jusque-là, rien d’anormal pour elle puisqu’elle n’était là que pour cinq minutes. "J’étais bien parquée devant une partie du café à côté du nôtre. Là, j’ai été prise à partie par une personne qui était dans ce bar voisin. Elle m’a dit que je ne devais pas me garer comme ça. Elle a commencé à me dire que je manquais de civisme et d’éducation", raconte la fille de Touria.

Cette dernière est alors sortie de son commerce après avoir entendu la discussion. "Elle a dit à cette personne qu’il ne fallait pas parler aux gens comme ça. Là, il y a eu des insultes de la part de la dame qui s’en était prise à nous, notamment racistes", continue de raconter la jeune femme.

Le différend s’est alors transformé en petite bagarre. Touria et sa fille ont notamment été victimes de coups d’après leurs explications, jusqu’au moment où la fille de la gérante du café a appelé la police. "Je me suis éloignée, car j’ai vu un véhicule de police près de la place de la Vaillance. Je l’ai appelé pour que la police intervienne et que nous puissions porter plainte contre la dame qui s’en était prise à nous", détaille la fille de Touria.

Les policiers ont alors embarqué les trois femmes quand l’autre fille de Touria est venue tenir le café durant son absence, comme le relate la fille de Touria : "Ils ont d’ailleurs dit à ma sœur de faire son travail et qu’ils faisaient le leur quand elle a demandé où nous allions. Il y avait trois voitures de police. On a été emmenées au commissariat, comme notre agresseur, mais sans passer par l’entrée principale. C’était bizarre."

Là, les deux femmes ont dû donner leurs effets personnels, mais également se déshabiller… complètement, selon la fille de Touria : "J’ai d’abord donné mon sac et on m’a ensuite demandé de me déshabiller. J’ai dû retirer mon manteau, mon pantalon et baisser ma culotte. On m’a demandé de faire trois pas en avant. J’ai protesté. Je voulais appeler mon avocat car, à la base, j’étais tout de même là pour porter plainte. On a été mises dans des cachots différents."

Après avoir protesté encore au parlophone, la fille de Touria a dû sortir pour que l’on prenne ses empreintes et des photos : "J’étais en soutien--gorge et sans chaussures devant un homme policier !"

Au final, les deux femmes sortiront après avoir signé un document d’entrée et de sortie, sans avoir pu porter plainte, être auditionnées ni disposer d’un P.-V. préalable, selon elles. Touria et sa fille attendent à présent un P.-V., mais sont déterminées à ne pas laisser la situation en l’état. Une plainte va être déposée à l’Inspection générale de la police fédérale et de la police locale (AIG).

La zone de police Midi (Anderlecht, Forest et Saint-Gilles) confirme que Touria et sa fille ont été interpellées en tant que victimes et suspectes pour le différend. La police précise que l’inspecteur a donné son nom et qu’un dépôt de plainte a été proposé, mais que les deux femmes souhaitaient voir leur avocat avant.