Faits divers "C’est une exécution minutieusement préparée", a commenté l’avocat général.

Tout comme les avocats des parties civiles, l’avocat général de la cour d’assises du Hainaut a requis, mardi, la culpabilité des cinq personnes accusées d’avoir assassiné David Ervinckx, le 28 mars 2013 à Mellet (Les Bons Villers). Alain Lescrenier avoue qu’il s’attendait à être confronté à ce qu’il qualifie de "procès de la lâcheté" mais il est convaincu que tous ont participé à la mise à mort de David Ervinckx. "C’est une exécution minutieusement préparée", a commenté l’avocat général.

"Capricieuse, exigeante, changeante, rancunière, volage", ont été les qualificatifs utilisés par l’accusation pour décrire Sophie Dery, accusée d’avoir commandité l’assassinat de son ex-mari avec qui elle se disputait la garde de leur fils. "Blessée, choquée, elle n’a jamais imaginé qu’elle puisse être délaissée. Son fils était devenu l’instrument de sa vengeance et elle n’a jamais pris en compte l’intérêt de son fils".

Pour l’accusation, celle-ci avait envisagé plusieurs solutions pour ne pas donner l’enfant mais elle a choisi la plus tragique. "L’idée de tuer va mûrir durant un an". Dès le mois de mai 2012, elle est allée voir Giuliano Di Iuliochiacchia pour voir s’il ne connaissait personne pour mettre une raclée à son ex-mari, puis pour le tuer. Il connaissait un militaire belge qui vit en Corse et elle lui a refilé 5.000 euros, et "des avantages en nature".

Le 28 mars 2013, le résultat était atteint. "Il n’y a jamais eu d’autre but que de tuer David Ervinckx dans le chef des cinq accusés", martèle Alain Lescrenier. "C’est une exécution préparée avec soin et qui s’est déroulée dans un délai extrêmement bref". L’accusation note aussi que le piège a été tendu dans un endroit choisi, "pas pour lui mettre une raclée mais pour un meurtre".

Pour Alain Lescrenier, Sophie Dery est bien la commanditaire du crime "car les autres ne connaissaient pas David et ils avaient tous les renseignements sur lui".

Me Jocelyne Hordies avait la lourde tâche de plaider l’innocence de Sophie Dery. L’avocate regrette que ce dossier ait été présenté comme "un produit fini" et reste convaincue de l’innocence de sa cliente, "présentée comme la coupable idéale". Selon elle, Sophie Dery n’aurait jamais commandité le crime de son ex-mari.