Faits divers Prévenus de l’assassinat de Marc Dellea, le député Christian Van Eyeken et sa compagne sont jugés pour avoir escroqué le Parlement flamand.

Ce n’est, pour eux, que le début d’un long marathon judiciaire. Hier, Christian Van Eyken, député (Défi, Union des francophones) au Parlement flamand et sa compagne et assistante parlementaire Sylvia B. étaient jugés pour faux, usage de faux et escroquerie. Sylvia B., en aveux, a falsifié un diplôme pour justifier une meilleure rémunération auprès du Parlement flamand. Ce dernier, constitué partie civile, réclame la somme de 72.000 euros, pour des surplus de salaire versés d’octobre 2011 à février 2016. Ce diplôme n’était pas nécessaire pour se faire embaucher, mais il offrait une grille salariale plus intéressante.

Pour l’anecdote, ce faux diplôme a été signé par l’ancien bourgmestre de Linkebeek, Damien Thiry, ami de Van Eyken. Il a reconnu les faits mais n’a pas été poursuivi en justice. Le couple, lui, a été renvoyé, la semaine dernière, devant le tribunal correctionnel, pour l’assassinat de Marc Dellea, le mari de Sylvia B., retrouvé mort chez lui, une balle dans la tête, le 8 juillet 2014.

Et de Marc Dellea, il a beaucoup été question hier. Et les épaules de cet homme décédé depuis bientôt trois ans ont paru fort larges devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Interrogée par le président, Sylvia B. a reconnu avoir falsifié son diplôme, mais sur l’insistance de son mari défunt. "Il m’a dit qu’il n’était pas d’accord pour que je prenne des cours quatre soirs par semaine pour passer ce diplôme. Il m’a dit ‘je peux te faire un faux diplôme’. Par facilité, j’ai accepté. Je n’en suis pas fière", a-t-elle expliqué.

Son avocat , Me Libert, a renchéri en affirmant que M. Dellea avait "des activités spéciales comme des trafics, du travail au noir, un endettement considérable".

Un point qui lui a valu des remontrances de l’avocate générale et de l’avocat du Parlement flamand, Me Bart Staelens : "M. Dellea ne peut plus se défendre, c’est honteux". Il n’en reste que pour Me Libert, "le faux a été conçu par M. Dellea".

Christian Van Eyken, lui, affirme n’avoir jamais été au courant que sa maîtresse et assistante parlementaire avait triché sur ses diplômes.

Son avocat , Me Pierre Monville, a plaidé, avec force, l’acquittement pur et simple. Problème : une copie du faux diplôme a été retrouvée dans un dossier de l’ordinateur parlementaire personnel de Van Eyken. "Dans un dossier nommé Sylvia.doc", explique Me Monville, qui précise que l’ordinateur était partagé. "Dans un sous-dossier où il été caché avec des textes personnels sur ses aventures sexuelles", pointe Me Bart Staelens, avocat du Parlement flamand, qui a ces mots coupants pour le prévenu : "Aujourd’hui, est un triste jour pour la démocratie", "l’honnêteté n’est pas le fort de M. Van Eyken", "Il faut être meilleur menteur que cela"

La défense reste droite dans ses bottes et Me Monville assure que l’on "accable" son client, en mettant au défi le parquet général de prouver "de manière certaine la participation de Christian Van Eyken". Le parquet a requis la condamnation du couple, sans demander de peine. Pour lui, le plus important est à venir avec le procès pour assassinat.

Christian Van Eyken et Sylvia B., qui clament leur innocence dans ce dossier, risqueront bien plus gros à ce moment-là.