Faits divers

Les jurés de la cour d'assises de Liège ont pu entendre lundi matin le détail des faits reprochés aux quatre tueurs présumés d'Ihsane Jarfi. 

L'acte d'accusation a décrit une scène d'une très grande violence. Ihsane Jarfi aurait été victime de nombreux coups et a agonisé plusieurs heures à l'endroit où il avait été abandonné. L'homme de 32 ans, disparu depuis la nuit du dimanche 22 avril 2012, avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Tinlot. Il avait été la cible de nombreux coups violents qui ont entraîné sa mort. Mutlu Kizilaslan (30 ans), Jérémy Wintgens (30 ans), Jonathan Lekeu (25 ans) et Eric Parmentier (36 ans) sont accusés de l'avoir assassiné parce qu'il était homosexuel.

Le corps avait été découvert à Seny par un homme qui circulait en voiture. Le cadavre reposait au pied d'un pylône électrique, accessible uniquement par un chemin boueux qui serpente à travers les bois.

Durant la lecture de l'acte d'accusation, les lésions observées lors de l'autopsie ont été détaillées. Celles-ci avaient démontré qu'Ihsane Jarfi avait été la cible d'une scène particulièrement violente. Il est question de coups de poings et de pieds répétés. L'autopsie avait également démontré un écrasement de la cage thoracique avec 17 côtes brisées, un écrasement cervical et des traces de coups portés avec acharnement à la tête, au thorax et à l'abdomen. L'agonie d'Ihsane Jarfi a duré entre 4 et 6 heures.

Le caractère homophobe des faits a également été abordé dans l'acte d'accusation. Le soir des faits, Mutlu Kizilaslan n'aurait pas supporté d'entendre un homosexuel parler de religion islamique et de musulmans. C'est ainsi qu'il avait justifié les premiers coups portés à Ihsane Jarfi. Eric Parmentier admet pour sa part avoir perdu son calme lorsqu'Ihsane Jarfi lui a fait des propositions homosexuelles.

Cette après-midi, la Cour devrait procéder aux interrogatoires des accusés sur leur personnalité.