Faits divers Bouchra Farih n’avait pas parlé des SMS échangés durant toute la journée des faits avec son petit ami.

Bouchra Farih a répété lundi qu’elle n’avait rien fait pour causer le décès de son petit frère, Soufiane. Elle a admis qu’elle avait une relation fusionnelle avec son petit ami, Mohamed, et qu’elle ne souhaitait pas que ses parents soient au courant. Mais elle a affirmé : "Si Soufiane nous avait surpris mon petit ami et moi, j’aurais assumé".

Bouchra Farih, âgée de 20 ans, est accusée du meurtre de son frère, âgé de 4 ans et demi, commis le 1er juillet 2015 à Berchem-Sainte-Agathe.

Ce jour-là, a-t-elle dit, ses parents étaient partis travailler et elle devait garder son petit frère. Selon elle, ce dernier a joué avec ses petites voitures et avec sa tablette tandis qu’elle nettoyait l’appartement. Puis, vers 16 heures, elle a préparé des pâtes au beurre et au fromage à Soufiane qui venait de dire qu’il avait faim. Cinq minutes après, elle a découvert le garçonnet allongé sur le dos dans le canapé, inerte. "J’ai surélevé ses jambes et j’ai tenté de le faire boire. Il n’a pas réagi. J’ai paniqué. Puis je suis descendue chercher madame Jada B., la voisine d’en bas."

Selon l’enquête de téléphonie, Bouchra Farih entretenait une relation amoureuse fusionnelle avec un dénommé Mohamed. Celle-ci a admis qu’elle cachait cette relation à ses parents et qu’elle avait déjà entretenu des rapports sexuels avec son petit ami chez elle lorsque ses parents étaient absents mais que son petit frère était, lui, présent. "On peut imaginer que le petit Soufiane pouvait entrer dans la chambre à tout moment. S’il vous avait surpris, on peut imaginer qu’il aurait pu en parler à votre papa. Cela aurait été embêtant pour vous", a relevé le président auprès de l’accusée. "Si Soufiane nous avait surpris mon petit ami et moi, j’aurais assumé. Mais ce n’est jamais arrivé", a répondu l’accusée. Celle-ci a précisé que personne n’était entré chez eux le jour des faits et qu’elle était donc restée seule avec son frère. Elle a également précisé qu’elle avait déjà emmené Soufiane avec elle lors de ses rendez-vous avec Mohamed. "Il avait aussi un petit frère de l’âge de Soufiane. Alors on sortait à quatre pour aller se balader et les enfants jouaient ensemble."

Le 1er juillet 2015 vers 16 heures, Bouchra Farih avait appelé une voisine, l’informant que son petit frère était inerte dans un fauteuil, dans la maison de leurs parents à Berchem-Sainte-Agathe. Les secours avaient été appelés et, une fois sur place, avaient tenté de réanimer l’enfant de 4 ans. Mais son décès avait été prononcé une heure plus tard. La justice a estimé que le décès était suspect et a entamé une enquête. Notamment, le corps du petit garçon présentait des lésions pouvant suggérer qu’il avait été étranglé.

Selon l’enquête, l’accusée s’en serait prise à son petit frère parce que, le jour des faits, ses parents lui avaient demandé de le garder alors qu’elle avait rendez-vous avec son petit ami. L’enfant aurait donc été tué parce qu’il empêchait le rendez-vous d’avoir lieu ou parce qu’il menaçait de révéler à ses parents la relation cachée de sa grande sœur.