Faits divers

Patrick H. a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Des perquisitions avaient été menées en janvier 2015 chez cet ingénieur belge, soupçonné d'avoir eu certaines armes en main, à la suite de l'attentat de l'Hyper Cacher à Paris. Les enquêteurs avaient découvert à cette occasion des documents laissant penser qu'il exerçait des activités de détective privé sans autorisation. Le 9 janvier 2015, le terroriste Amedy Coulibaly prenait en otages les clients et le personnel d'un magasin Hyper Casher de Paris, tuant quatre personnes avant d'être lui-même abattu.

L'enquête avait démontré que certaines armes utilisées avaient été fournies par des intermédiaires belges, issus notamment de la région de Charleroi. Parmi ceux-ci, figurait le nom de Patrick H., un ingénieur de Marcinelle chez qui des perquisitions ont été réalisées le 26 janvier 2015.

Le dossier fédéral relatif à l'attentat de l'Hyper Cacher est toujours à l'instruction. Mais l'exploitation du matériel informatique avait conduit le parquet de Charleroi à poursuivre Patrick H. pour exercice illégal de la profession de détective privé et immixtion dans la fonction publique.

Selon le ministère public, l'ingénieur de 55 ans arrondissait ses fins de mois en plaçant notamment des balises sur les véhicules de tiers, à la demande de clients, dans le but de prouver un adultère. Il aurait pratiqué cette activité sans autorisation, ni inscription à la Banque carrefour des entreprises (BCE), en sous-traitance pour un autre détective privé. Il aurait aussi décrypté ces balises et rendu des rapports et aurait en outre fait la publicité de ses services de détective via des toutes-boîtes.

Pour le parquet, le placement de balises est une méthode particulière de recherche qui est interdite, même aux détectives privés agréés. Une peine d'un an de prison avec sursis éventuel a finalement été requise par la magistrate.

Me Bouchat, conseil de Patrick H., a plaidé l'acquittement. Selon l'avocat, les balises auraient été posées occasionnellement sur les véhicules d'une poignée de clients, à leur demande, "comme l'exigent les assurances pour retrouver une voiture après un vol".

Me Bouchat ajoute que le quinquagénaire avait l'intention de lancer une activité, mais que celle-ci était en projet et qu'il n'a fait que se renseigner. Le jugement sera rendu le 2 octobre.