Attentat mosquée: Elio Di Rupo "condamne fermement"

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Faits divers

L'attaque de la Mosquée Rida hier soir à Anderlecht suscite de nombreuses réactions, tous se disent extrêmement choqués

BRUXELLES

Le Premier ministre Elio Di Rupo a fermement condamné l'attaque perpétrée lundi soir contre la mosquée Rida, et a dit avoir confiance en la justice, "qui est d'ailleurs occupée à faire son travail afin de clarifier la situation". "Mes premières pensées vont à la victime et à ses proches mais je condamne fermement la violence utilisée lors des faits", a déclaré le Premier ministre à l'agence Belga.

"Il faut attendre les premières constatations sur ce qu'il s'est réellement passé, mais nous examinons ce drame avec beaucoup attention", a-t-il ajouté.

Chiites et sunnites unis

Les différents représentants des mosquées chiites et sunnites d'Anderlecht ont également condamné l'incendie du lieu de culte parlant d'un "acte lâche" qui a coûté la vie à l'imam. "Nous condamnons fermement cet acte et appelons au respect, à la tolérance et au dialogue. La haine ne peut pas l'emporter", a déclaré Gaëtan Van Goidsenhoven, le bourgmestre de la commune, entouré des différents responsables religieux.

Kamal M'rabet, de la mosquée Rida, souligne qu'il a reçu de nombreux témoignages de solidarité de ses "frères sunnites" depuis lundi. De son côté, Mustafa Ulosoy, de la mosquée turque d'Anderlecht, a lui aussi condamné l'acte avec la plus grande force.

Le chef de corps de la zone de police Midi, Alphonse Peeters, a par ailleurs indiqué que des mesures de vigilance ont été mises en place depuis lundi soir. Une orientation des patrouilles vers les autres mosquées de la commune est ainsi entrée en vigueur.

Les différents responsables religieux musulmans ont annoncé l'organisation d'une marche blanche de type citoyen mercredi à 15h. Le cortège partira de la mosquée Rida, rue Docteur de Meersman, pour se rendre au palais de justice de Bruxelles.

Une prière rituelle sera par ailleurs organisée à la mosquée Arrahmane, située rue George Moreau à Anderlecht, mardi soir, en hommage à l'imam, Abdallah Baddou.

La communauté juive solidaire

Le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique a présenté dans un communiqué ses "sincères condoléances" à la communauté musulmane "visée par un acte que rien ne justifie ni n'excuse".

Le CCOJB a condamné l'incident "avec la plus extrême fermeté" et a lancé un appel aux autorités policières et judiciaires "pour faire la lumière sur ces faits et poursuivre son ou ses auteurs et en empêcher la répétition".

"La séparation entre les cultes et l'Etat ne peut empêcher, en aucun cas, le respect et la protection absolus des biens et des personnes dans le libre exercice des convictions de chacun", souligne enfin le CCOJB.

"Rien, absolument rien ne saurait justifier ce genre de comportement", a réagi mardi, dans un communiqué, l'Eglise catholique de Bruxelles. Tout comme la communauté juive, l'Eglise catholique de Bruxelles, par la voix de Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles et vicaire général de Bruxelles, a exprimé sa "plus vive indignation" et a présenté ses "sincères condoléances" à la communauté musulmane.

L'Eglise Protestante Unie de Belgique, par la voix de son président Guy Liagre, a condamné, mardi dans un communiqué, "toute violence politique religieuse" après l'attaque. L'Eglise Protestante Unie de Belgique a présenté "ses sincères condoléances" à toute la communauté musulmane, via une lettre adressée à Semsettin Ugurlu, le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

L'Eglise protestante a par ailleurs exprimé à la communauté musulmane "des paroles de foi, d'espérance et de confiance".

Condamnation politique également

Si toute la lumière doit encore être faite sur les motivations du criminel, il apparaît fondamental de rappeler que "l'intolérance ne peut être tolérée dans un Etat de droit", a commenté mardi le président de la fédération bruxelloise du PS, Rudi Vervoort. Le chef de file du PS bruxellois a dit avoir pris connaissance "avec stupeur et indignation" de l'attaque odieuse qui a visé la mosquée Rida à Anderlecht et coûté la vie à son imam.

Rudi Vervoort a rejoint le concert politique de condamnations "avec la plus grande fermeté".

Le président du MR Charles Michel s'est dit "choqué et indigné" par l'incendie. "Sans connaître les motivations précises de cet acte, je forme le vœu que rapidement la lumière soit faite sur les motifs de cet acte de violence. Il appartiendra alors à la justice de sanctionner les auteurs de cet attentat".

"Dans une société démocratique et multiculturelle comme la nôtre, nous devons impérativement assurer le respect mutuel et la coexistence pacifique entre personnes de confessions religieuses différentes et donc garantir la sécurité des lieux qui favorisent les échanges et les rencontres entre citoyens," a-t-il ajouté.

Le cdH bruxellois s'est également dit scandalisé par l'attentat. Pour Hamza Fassi-Fihri, son président, et Céline Fremault, cheffe de groupe au Parlement bruxellois, on ne peut accepter aucune dérive violente dans un État de droit, ni aucune atteinte à la liberté de culte et de conscience. Il est dès lors essentiel de bannir toute haine à l'égard de l'une ou de l'autre communauté.

© La Dernière Heure 2012

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