Faits divers Un commissaire de police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles s’est rendu en état d’ébriété à une réunion très importante.

Un commissaire de la zone de police Bruxelles-Ixelles fait actuellement l’objet d’une mesure d’ordre pour état d’ébriété en service. Convoqué à une réunion matinale, l’homme est arrivé complètement saoul.

Il ne s’agissait pas d’une réunion comme les autres puisque celle-ci avait lieu le mardi 22 mars. Alors que deux explosions sont survenues à l’aéroport de Zaventem et qu’une troisième vient de détruire la deuxième voiture d’une rame de métro dans la station Maelbeek, l’ensemble des commissaires de la police d’Ixelles est convoqué pour une réunion de crise. Celle-ci se déroule notamment en présence de la bourgmestre, Dominique Dufourny (MR).

Zones sensibles à surveiller, effectifs policiers disponibles… Cette réunion doit permettre de faire le point sur les mesures d’urgence à prendre à la suite des attentats qui viennent de frapper la capitale. L’un des commissaires arrive en retard à cette réunion. Face à sa hiérarchie, R. D. a du mal à communiquer et à répondre aux questions concernant notamment les lieux sensibles situés sur sa division.

Selon nos informations, la suspicion d’une consommation d’alcool pousse alors l’un des membres de sa hiérarchie à demander au voisin de table de R. D. de vérifier si ce dernier a bu. Comme le commissaire sent l’alcool, un contrôle d’alcoolémie est effectué et celui-ci se révèle positif. Ce qui signifie que le taux d’alcoolémie donné par l’éthylotest était supérieur ou égal à 0,35 mg/l AAE (équivalent à 0,8 g/l d’alcool dans le sang).

Il nous revient que l’arme de service du commissaire aurait été immédiatement confisquée et que ce dernier aurait été reconduit à son domicile. Deux éléments qui ne sont pas confirmés par Christian De Coninck, le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles.

Pour ne pas mettre la procédure disciplinaire en défaut, ce dernier ne peut livrer aucun détail concernant cette affaire. "Dès que ses supérieurs ont constaté le problème, ils ont fait le nécessaire en établissant un rapport. Et le chef de corps a pris une mesure d’ordre. Mais je ne peux pas m’avancer là-dessus sinon il y aura un vice de procédure et celle-ci pourrait tomber à l’eau", explique Christian De Coninck.

La mesure d’ordre précède une éventuelle mesure disciplinaire. Celle-ci sera prise par le collège de police ou le chef de corps une fois l’enquête interne aboutie. La sanction pour état d’ébriété en service, qui dépendra de nombreux facteurs, pourrait aller du simple avertissement au blâme jusqu’à la suspension, voire la révocation.

Les problèmes d’alcoolisme déjà dénoncés dans un rapport interne

Le cas de ce commissaire ixellois saoul en réunion de crise le 22 mars est-il un incident isolé ? Pas si l’on en croit un rapport interne sur la police d’Ixelles réalisé par le SIPPT (Service interne de prévention et protection au travail). Dévoilé en septembre 2015 par la DH, ce rapport long de 73 pages fait notamment état de sérieux problèmes d’alcoolisme au sein de la police locale. 

"Ils (des policiers, NDLR) boiraient du matin au soir au détriment du travail et des collègues qui veulent travailler. Cela détériore l’image de la police. La direction est au courant mais occulte le problème pour ne pas faire de vague. Ceux qui ont des problèmes d’assuétude seraient même plutôt protégés car ce sont les gradés qui boivent", peut-on lire dans ce rapport explosif. Contactée par nos soins, la bourgmestre d’Ixelles a indiqué que ce rapport datant de 2015 ne lui avait pas encore été soumis. "Je vais en prendre connaissance. Le problème d’alcool a été soulevé et nous y serons très attentifs pour l’avenir", a déclaré la bourgmestre Dominique Dufourny (MR). Pour rappel, la libérale est devenue bourgmestre au début de l’année 2016. Conformément à l’accord de majorité, elle a succédé à Willy Decourty (PS) à mi-mandat.