Faits divers Ses enfants témoignent : voilà ce que papa fait à maman et aussi ce qu’il nous fait.

Ce soir-là, un lundi, après 20 h, un enfant affolé se présente à l’accueil du commissariat et crie "Venez !" à la policière. Il est seul. Il a 13 ans. Voilà mot pour mot ce qu’il racontera ultérieurement aux enquêteurs : "Je ne savais pas quoi faire. J’étais dans ma chambre. Et j’entends mon père crier sur ma mère. Je descends. Puis après, je vois : il lui donne deux claques, puis un coup de poing dans le nez, puis après, il y a du sang qui est tombé."

Son petit frère assiste aussi à la scène. Sous leurs yeux, leur père tire leur mère par les cheveux depuis la cuisine jusqu’au living, puis la frappe, à terre, la tête sur le parquet. Le père fait ensuite le geste d’enfoncer une arme dans la bouche de sa femme, enfin, celui de tirer.

Le couple a aussi une fille en fin de classe primaire. Elle est interrogée sur ce qui se passe à la maison.

Extrait d’audition vidéofilmée : "Mon père dit toujours que la justice, il s’en fout, et que même si on l’envoie en prison, il tuera maman et tout . Une fois, je faisais semblant de dormir. J’entends boum, boum, en haut; je monte, je vois ma mère par terre et mon père, il la shoote, il la tape vraiment beaucoup. J’ai commencé à pleurer. J’ai dit : ‘Arrête tout de suite’. Il m’a dit : ‘Comment ça se fait que tu es là, toi ?’ Et puis, j’ai pris ma mère et je suis descendue. Mon père est resté en haut."

Elle a tout juste 11 ans et sauve sa mère de la violence de son père.

Le père en veut à son fils aîné d’avoir prévenu la police. L’application Viber a tout conservé de ce qu’il envoie à son fils qu’il traite d’"espèce de con". "Tu c comment finise (sic) les balance (sic) et les merde (sic) de traîte (sic). Ya un châtiment pour les traîte, c méchant pour eux."

Le parquet de Bruxelles décide de faire réentendre les enfants élevés dans cette violence. Extrait d’auditions : "J’ai vu ma mère pleine de sang."

La policière : Est-ce qu’il te frappe aussi ?

L’enfant : "Parfois, quand je ramène des notes de l’école et que mes profs m’écrivent."

Et quand il te frappe, c’est comment ?

"Des claques. La dernière fois, il m’a shooté."

Avec les pieds ?

"C’était parce qu’il frappait ma mère et moi, je l’ai arrêté. Une fois, on va à la piscine, et là, il fait : ‘et maintenant, je vais te noyer’. Je suis rentré dans l’eau et il m’a poussé la tête. Une autre, au GSM, il m’a dit : ‘ta maman ne va plus exister’. Je lui ai demandé : ‘pourquoi tu dis ça ?’ Il a dit : ‘ferme ta gueule, gamin de merde. Quand je te vois, je te pète la gueule ."

Cela a commencé quand ?

"Ben, quand il était dans les cafés."

Et quand il frappe ta maman, c’est devant ton frère et ta sœur ?

"Il l’a aussi frappée devant mon petit frère."

L’homme de 38 ans est en prison depuis quelque temps. Il a visiblement réussi à se procurer en cachette un Smartphone grâce auquel il continue, depuis sa cellule, à menacer sa famille.

Extraits de ses SMS : "Devant Dieu, je jure de tous vous tuer. Tous, fils, femme, fille. C’est à cause de vous si je suis en prison. Je n’ai plus rien à perdre, je m’en fous. Vous m’avez fait un piège. Vous allez le payer très cher. Je vais tous vous faire disparaître."

La police demande aux enfants ce qu’ils espèrent maintenant. Ils ont 6, 11 et 13 ans et répondent : "La seule chose qu’on veut, c’est qu’il ne tue pas maman et aussi plus jamais le voir."