Faits divers Violences illégitimes, faux P-V, injures racistes : la justice dit non et ordonne le non-lieu.

Selon nos informations, la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles a prononcé mercredi le non-lieu en faveur de cinq policiers de la zone Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) suspectés de violences illégitimes, fausses déclarations dans des procès-verbaux pour couvrir leurs comportements illicites et, pour l’un d’eux, d’injures racistes.

Les policiers obtiennent le non-lieu alors que le parquet demandait leur renvoi devant le tribunal correctionnel pour le tout, sauf les injures racistes.

Il s’agit d’un dossier que le plaignant, Saïd F., avait médiatisé le 1er avril 2011, déclarant dans les journaux et aux agences que depuis "1983, il n’avait jamais subi ni assisté à une telle violence policière".

Les policiers suspectés depuis cinq ans sont mis hors cause. Rien ne leur est reproché.

Sauf pourvoi en cassation, le jugement est définitif.

Me de Béco défendait le plaignant, âgé de 38 ans. Les policiers s’étaient adressés à Mes Julie Lefranc, Daniel Spreutels et leurs confrères Pierre et Antoine Chomé.

Selon les articles de presse de l’époque, Saïd affirmait avoir été frappé au crâne et traité de "sale Arabe".

Un chien de police avait été "lancé sur lui" et l’avait "mordu deux fois".

Un certificat mentionnait un hématome et plusieurs plaies profondes au cuir chevelu, des égratignures et éraflures multiples au visage, des hématomes sur les membres supérieurs et à la cuisse gauche.

Saïd déclarait avoir été frappé alors qu’il était menotté. Cela s’était produit le 27 mars 2011 lors d’une intervention à Saint-Gilles "dans un quartier sensible", selon le parquet qui voulait poursuivre aussi les policiers sur la façon dont ils auraient déformé les faits à leur avantage dans les P-V.

Ainsi, ils auraient écrit faussement qu’ils étaient entourés "par une quarantaine de jeunes" et qu’un deux avait "tenté de lui porter un coup de couteau".

Ils étaient inculpés d’avoir affirmé que Saïd s’était "rebellé" alors qu’il était exact de parler d’une "résistance tenace mais passive".

Un témoin avait filmé la scène. La vidéo figurait au dossier.

Pour le parquet, "des charges suffisantes exist(ai)ent".

Et hier, la chambre des mises en accusation, mettant fin à l’action publique et aux poursuites pénales, a décidé que non.