Faits divers Condamné pour terrorisme à perpétuité au Maroc, le Belgo-Marocain est suspecté de six assassinats en Belgique.

Selon son ex-avocat au Maroc Mohamed Ziane, Abdelkhader Belliraj, le Belgo-Marocain suspecté de six assassinats en Belgique, "va malheureusement terminer sa vie en prison".

Bâtonnier des ordres des avocats du Maroc, Me Ziane fut en 2008 le premier avocat de Belliraj que le tribunal antiterroriste de Salé condamna en 2009 à la prison à perpétuité pour avoir dirigé un réseau terroriste islamiste.

Belliraj a maintenant 60 ans.

Il a toujours pour avocat belge Me Vincent Lurquin, du barreau de Bruxelles.

Contacté hier, l’avocat en contact régulier avec la famille Belliraj en Belgique réagit ainsi : "Je n’ai toujours pas pu rencontrer mon client détenu au Maroc, alors que la Chambre du conseil de Bruxelles a expressément demandé au parquet fédéral belge de tout mettre en œuvre auprès des autorités marocaines pour que cette rencontre puisse avoir lieu. "

Après la prison de Meknes (régime particulièrement dur), Belliraj, selon Me Lurquin, aurait été retransféré à Salé.

Ensuite, Me Lurquin précise qu’il demande le transfèrement par le Maroc de Belliraj vers la Belgique, au cas où la décision serait prise par la justice belge de juger le Belgo-Marocain pour les six assassinats dont il est suspecté à Bruxelles entre 1986 et 1989, dont celui du grand médecin des cliniques Érasme, le professeur Joseph Wybran.

"La question du transfèrement de Salah Abdeslam par la France pour son procès dans trois semaines en Belgique a pu être réglée. Pourquoi celui de M. Belliraj poserait problème ?" s’interroge en substance Me Lurquin.

Quant aux six assassinats, la Chambre des mises en accusation de Bruxelles doit fixer la date d’une prochaine audience. Me Lurquin l’espère "début 2018 ".

Assez paradoxalement, les parties civiles - dont l’épouse du Dr Wybran tué le 3 octobre 1989 - et la défense de Belliraj, se rejoignent en faveur d’un procès, s’opposant ainsi au parquet fédéral favorable à la solution d’un non-lieu.

Mardi passé, Me Ziane a été écarté de la défense d’un leader marocain. L’avocat a réagi ainsi : "La même chose était survenue avec M. Belliraj. Résultats : les amis de M. Belliraj [ont obtenu une grâce royale fin 2015 et] sont aujourd’hui libres. Tandis que Belliraj va malheureusement terminer sa vie en prison."

Invité à préciser sa pensée, Me Ziane a ajouté : "Le procès Belliraj s’est déroulé sous le règne de Mohammed VI. Je n’ai rien à dire là-dessus, je vous laisse en déduire ce que vous voulez", a sombrement conclu l’énigmatique Me Ziane, bâtonnier de Rabat et ancien ministre des Droits de l’homme au Maroc.

gilbert.dupont@dh.be