Faits divers Jean-Pierre Bemba est le leader de la rébellion MLC au Congo. Il doit répondre en Belgique de trafic d'êtres humains

BRUXELLES Jean-Pierre Bemba n'est plus un personnage à présenter. Chef de la rébellion MLC (Mouvement pour la Libération du Congo), Bemba était cité directement devant le tribunal correctionnel. La justice belge lui reproche des faits de traite d'êtres humains.

Récemment, le pays a vu naître des accords relatifs à la nomination de quatre vice-présidents. Vu sa position de leader de la rébellion qui est censé devenir un parti politique, Jean-Pierre Bemba pourrait être l'un d'entre eux. D'autres soutiennent au contraire qu'il faut être très réservé sur ce point.

Pour les faits qui lui sont reprochés, Bemba veut faire jouer l'immunité diplomatique. Tant du côté du procureur que du côté du Centre pour l'égalité des chances, représenté par Me Jaspis, cette immunité ne peut pas entrer en ligne de compte puisque la fonction de vice-président ne lui a pas encore été attribuée.

Toujours est-il que Bemba est poursuivi à Bruxelles pour traite d'êtres humains. Le prévenu est en réalité propriétaire d'une résidence à Rhode-Saint-Genèse, commune qui borde la périphérie bruxelloise.

La justice lui reproche d'avoir fait venir illégalement deux Congolais sur le territoire belge. C'est en septembre 1997 qu'ils sont arrivés à Charleroi à bord d'un avion d'une compagnie appartenant au prévenu, la SCIBE Airlift.

Bemba a déclaré que la jeune femme, Emérance, était une hôtesse de l'air, et que l'homme, Boniface, était un aide mécanicien. En réalité, les deux intéressés étaient déjà au service du prévenu au Congo, respectivement comme nourrice et cuisinier.

Hier, Me Lardinois, qui représente les victimes, a souligné les conditions de vie imposées aux victimes. Il semblerait qu'ils ont été contraints de vivre dans la cave pendant 18 mois. Bemba voulait que Boniface s'occupe de la cuisine et de l'entretien de la maison et que Emérance se charge de garder les enfants.

Hier, le procureur a rappelé que les victimes ont déclaré devoir travailler de 8 heures à minuit. Ils ne pouvaient pas sortir de la maison, ne pouvaient pas s'asseoir sur une chaise pendant le travail. Et lorsque la police venait dans la résidence, ils devaient se cacher dans la cave...

Le procureur a demandé 2 ans de prison et 25.000 € pour la prévention de traite d'êtres humains.

Prononcé le 16 mai prochain.

© La Dernière Heure 2003