Faits divers

Les salles de shoot vont-elles débarquer en Belgique ? La plate-forme de réduction des risques organise une journée d’étude sur le sujet le 24 octobre à Marchienne-au-Pont.

Introduit par le bourgmestre de Charleroi et président du PS Paul Magnette, ce colloque fera le point sur les expériences menées en Europe, zoomera sur le cas luxembourgeois et l’expérience menée à Liège.

L’on y débattra également des questions éthiques et politiques liées à ce concept destiné à encadrer sanitairement les consommateurs d’héroïne, sans jugement de valeur.

L’après-midi sera consacrée aux perspectives belges. "Les salles de consommation de drogues à moindre risque existent dans d’autres pays et montrent un bilan positif en termes de santé, d’inclusion sociale et de sécurité", argue l’invitation. "Le temps est venu d’envisager leur ouverture en Belgique. Sur le terrain, des études de faisabilité sont en cours dans cinq grandes villes : Bruxelles, Charleroi, Liège, Gand et Anvers." L’une des idées sous-jacentes ? Changer les mentalités par rapport à la consommation de drogues dures, dont l’héroïne.

Pour InforDrogues, c’est la grande question. "Dans d’autres pays, on voit que ce type de dispositif est une bonne façon de réintégrer des consommateurs lourds, qui vont peut-être pouvoir arrêter, voire s’intégrer", explique Antoine Boucher, en charge de la communication de l’ASBL.

En Belgique , les mentalités évoluent lentement mais "il y a progressivement des pas qui se font pour aller les trouver là où ils sont pour les aider".

Tout en passant outre à un certain nombre de considérations morales, dont celle qui impose au consommateur l’arrêt, certes progressif, de sa consommation s’il veut bénéficier d’un tel service. "Il est un fait qu’on n’arrive pas à aider les consommateurs d’héroïne. En matière de santé publique, les dégâts sont énormes. Il faut donc leur dire qu’on va leur donner ce produit dans des conditions plus saines qu’actuellement. Il faut bien comprendre que l’argument courant disant : c’est la porte ouverte à la défonce pour tous, est totalement faux."

"Primo, ces gens ne consomment pas ces produits-là par plaisir. Il s’agit, certes, d’une piste un peu triste mais indispensable pour qu’ils puissent continuer à exister au sein de la société. Secundo, il y a très peu de personnes dépendantes à l’héroïne en Belgique par rapport, notamment, aux addicts à l’alcool ou aux antidépresseurs."