Faits divers C’est ce que décide un tribunal pour condamner un footballeur amateur, cinq ans après un match marqué de violences.

Pour la justice, "porter des coups à un arbitre au cours d’une activité sportive rend les faits d’autant plus graves". C’est ce qu’a décidé vendredi la 44e chambre correctionnelle de Bruxelles pour condamner un footballeur amateur jugé pour avoir frappé l’arbitre qui avait validé un but à mauvais escient, selon lui. Plus de cinq ans après les faits, le footballeur est condamné par défaut à 15 mois d’emprisonnement avec sursis.

Le jugement est d’autant plus intéressant que s’il intervient cinq ans et demi après les faits, c’est parce que le parquet avait d’abord classé le dossier sans suite.

L’arbitre, que défendent les avocats pénalistes Pierre Chomé et Samuel Rosenblatt, a donc dû passer outre le classement vertical et procéder sans le soutien du parquet. Il a fallu qu’il se constitue partie civile chez le juge d’instruction pour enfin aboutir, après tant d’années.

L’autre intérêt est financier : le tribunal prend les blessures totalement en compte et accorde à l’arbitre 13.195 euros (portés à quelque 15.220 euros avec les intérêts judiciaires, et encore 600 euros d’amende).

Et dire, rappelons-le, que le parquet de Bruxelles avait d’abord classé sans suite !

Une affaire banale de violences sportives : l’arbitre, M. Lahouari Bensediq (photo d'illustration), dirigeait un tournoi à la plaine Barca à Anderlecht, le 12 juin 2011, quand, dans la première mi-temps, pour cette question de but validé, un attaquant de l’équipe de Vimieirense lui flanquait son poing dans la figure.

Il est certain qu’Alexandre G., un électricien de 35 ans, ne fut pas le seul à cogner : le jeune gardien de but en fit autant et plusieurs autres joueurs de Vimieirense. Mais l’arbitre n’avait de certitude que pour Alexandre qui sera donc le seul à payer pour tout le monde.

Lahouari Bensediq a subi 6 mois d’incapacité de travail, a été suivi par les médecins pendant des années et est toujours sujet à des crises d’angoisse.

Le joueur de l’équipe a refusé tout au long de la procédure de prendre ses responsabilités : il n’a tout simplement jamais comparu.

Après avoir classé le dossier, le procureur, à l’audience, a réclamé 15 mois. C’est le tarif du tribunal qui accorde néanmoins le sursis. "Mais je ne demandais pas qu’il aille en prison. Quoi qu’il ait fait, cet homme a peut-être une famille et du boulot. L’important était à mes yeux de ne pas laisser les choses sans suite", confie M. Bensediq .

Le tribunal est très clair et c’est un message au monde sportif. Nous avons pu lire le jugement. Voilà ce qui est dit : "Les faits sont d’autant plus graves qu’ils ont été commis au cours d’une activité sportive au préjudice de celui qui est investi de l’autorité sur le terrain".

Pour la justice : frapper l’arbitre, c’est encore plus grave !