Faits divers Un an de prison ferme requis contre une femme de 23 ans qui n’a pas daigné venir à son procès.

Le procès n’a duré qu’une dizaine de minutes. Un temps infime pour évaluer un événement aux conséquences terribles. Il s’agissait, hier, pour le tribunal correctionnel de Bruxelles de juger en son absence Lili V., qui vit à Besançon (Franche-Comté), pour des coups et blessures volontaires sur un policier de la zone Bruxelles-capitale Ixelles. Des coups qui ont causé des séquelles permanentes à la victime.

Le 16 avril 2016, Lili V., alors âgée de 23 ans, profondément alcoolisée et peut-être sous stupéfiants, prend un taxi dans Bruxelles. Elle roule jusqu’au rond-point Schuman. Et se dit incapable de payer au moment de descendre. Le taximan, ne voulant pas perdre sa course, prévient la police. Une patrouille de la zone Bruxelles-capitale Ixelles, proche des lieux, arrive en renfort de la police des chemins de fer.

Lili V. refuse de sortir du taxi et, selon l’enquête, insulte les policiers. Une fois extraite du taxi et alors qu’elle semblait s’être calmée, la jeune femme donne plusieurs coups violents à la mâchoire et au côté gauche de la tête de M. D., policier très entraîné, membre d’une unité spéciale. Elle est ensuite conduite au commissariat central de la rue Royale, insultant et crachant tout le long du trajet.

"Les coups étaient beaucoup plus graves qu’imaginé", plante Me Pierre-Antoine Lazarski, représentant Me Bernard Renson, avocat du policier blessé. Une heure après les faits, l’inspecteur est pris de maux de tête et de brûlures dans le corps. Envoyé aux urgences à Saint-Luc, on lui diagnostique une commotion cérébrale. Et depuis, il ne s’en est pas sorti.

"Il a des pertes d’équilibre, des problèmes moteurs, des problèmes de concentration, une phobie de la lumière, des acouphènes permanents", précise l’avocat. M. D. souffre d’une "parésie vestibulaire droite et d’une déhiscence du canal semi-circulaire externe gauche" qui lui procure une "sensation de tangage permanent" quand "il bouge la tête et disparaît lorsqu’il est couché".

Il a subi une incapacité de travail du 16 avril au 31 décembre 2016. Il a depuis repris le travail, mais à mi-temps. Impossible pour lui de retourner sur le terrain. "Il aura des séquelles permanentes", regrette Me Lazarski, qui a demandé 10.000 euros provisionnels sur un dommage estimé à 200.000 euros. Au nom de l’État belge, qui a continué à verser son salaire à l’inspecteur D., il a demandé un euro provisionnel sur un dommage évalué à 250.000 euros. Le ministère public a requis un an de prison contre Lili V., qui ne sait peut-être même pas qu’elle doit répondre de faits si graves.