Faits divers Cinq ans de prison requis contre le père, quatre ans après la mort d’Aksel, 3 mois, victime d’un syndrome du bébé secoué.

Après des années d’attente, Ehran O., la quarantaine, a été jugé vendredi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Des années car les faits remontent au 29 décembre 2013. Ehran O. et sa compagne, Elmas, avaient attendu extrêmement longtemps avant d’être enfin parents. Huit années de tentatives, plusieurs fécondations in vitro avant, enfin, que naisse le petit Aksel, en septembre 2013. L’enfant était attendu tel le messie. Mais le caractère et les problèmes d’alcool du père en ont décidé autrement. Entre Noël et Nouvel An 2013, la mère de l’enfant se trouve à l’étage en train de se coiffer tandis qu’Ehran O. se trouve au rez-de-chaussée avec son fils, dans leur logement de Ganshoren. L’enfant tombe inconscient et s’éteint deux jours plus tard, le 31 décembre, peu avant minuit, à l’UZ Brussel.

Ce n’est qu’après des mois d’enquête et le rapport d’un médecin légiste concluant à la mort par syndrome du bébé secoué que les parents sont interpellés et placés sous mandat d’arrêt du chef de meurtre.

Au début, tous les deux nient les faits et passent plusieurs mois sous les verrous. Après un long temps, la mère est totalement innocentée et bénéficie d’un non-lieu octroyé par la chambre du conseil de Bruxelles. Reste donc le père, qui nie farouchement.

En début d’année 2017, il est renvoyé devant le tribunal pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, sans intention de la donner. Mais il ne se présente pas à son propre procès et est condamné à une lourde peine de sept ans de prison.

Entre-temps , Ehran O. a été interpellé et placé sous mandat d’arrêt pour de graves violences sur sa nouvelle compagne. Et c’est dans ce cadre qu’il a été jugé vendredi. Et, cette fois-ci, a semblé changer d’attitude. Longtemps dans le déni, il a reconnu avoir secoué son propre fils de trois mois, le jour des faits. Il a aussi admis en avoir fait de même à plusieurs reprises, les semaines précédentes. Les explications sont à chercher du côté d’une violence qu’il ne maîtrise pas. Et d’un rapport malsain à l’alcool.

L’avocat de la défense, Me Pierre Monville, comme le substitut du procureur du Roi, Denis Goeman, se sont presque retrouvés sur la même ligne quand il s’est agi de proposer une solution au tribunal. Le parquet de Bruxelles a demandé une peine de cinq ans de prison, possiblement assortie d’un long et exigeant sursis probatoire, permettant au père violent de travailler sur ses fautes. C’est également ce qu’a demandé la défense.

Le jugement sera prononcé en décembre.