Faits divers Sans emploi à la suite d’un accident du travail, un homme est jugé pour vol de centaines de bouteilles d’alcool en grandes surfaces.

Sa voix, bouffie par des années d’alcoolisme, est à peine audible. Il reconnaît les faits et affirme avoir changé. "Je dois me remettre en selle, ça suffit", bredouille-t-il.

Ce quadragénaire comparaît devant la cour d’appel de Bruxelles pour une trentaine de vols commis dans des supermarchés Delhaize et Colruyt, dans la capitale et le Brabant wallon. Et ceux-ci ne concernent que des bouteilles d’alcool, plusieurs centaines au total. L’homme savait repérer celles qui n’étaient pas protégées électroniquement. Il revendait ensuite ces bouteilles au noir, dans des épiceries bruxelloises. "Je gagnais 12 euros par bouteille", explique-t-il. Au total, Delhaize, constitué partie civile, demande 6.300 euros à titre de préjudice.

Le prévenu n’a pas toujours été ce voleur professionnel de bouteilles. Issu de la classe moyenne, il était auparavant plombier chauffagiste. Avant de sombrer dans l’alcoolisme. Un jour, il travaille sur un toit et chute. Un accident du travail, mais pas déclaré. "C’était en dehors de mes heures de boulot. J’ai dû tout payer moi-même, je n’ai pas encore reçu les indemnités. J’ai été licencié après ça", explique-t-il, sans que l’on comprenne vraiment ce qui s’est passé, ni si tout est vrai.

C’est pour se payer à boire et à manger et entretenir une vie de couple toxique qu’il s’est mis à voler. Son avocate, Me Benjamine Bovy, a demandé un sursis probatoire accompagné d’une prise en charge médicale et psychologique pour régler son problème d’alcool. Le parquet a requis la confirmation de la peine infligée en première instance, soit deux ans de prison.