Faits divers Impossible avant lundi de dire s'il s'agit de l'ancien ministre rwandais disparu depuis 3 semaines

BRUXELLES Un corps sans vie a été repêché hier à Bruxelles dans le canal de Charleroi. La découverte a été faite à hauteur de la place Sainctelette. Le corps, très abîmé, a provisoirement été déposé à la morgue du cimetière de Bruxelles. Une autopsie sera pratiquée.

Le corps flottait entre deux eaux. C'est une dame qui a prévenu la police. La dépouille a été sortie de l'eau à hauteur du quai des Charbonnages par les pompiers qui l'ont déposé sur le pont de la place Sainctelette, entre les boulevards Baudouin et Léopold II. Elle y est restée jusqu'en fin d'après midi, protégée par une couverture des regards curieux.

L'état avancé de décomposition trahit un long séjour dans le canal. Le corps est celui d'un adulte mais il est si abîmé que c'est à peu près tout, à ce stade, qu'on peut en dire. Impossible de déterminer même ne fût-ce que le sexe.

Des policiers rappellent la disparition de l'ancien ministre rwandais Juvénal Uwilingiyimana. Cet homme habitait avec sa famille à quelques centaines de mètres en aval du canal de Charleroi. Le Rwandais âgé de 54 ans a disparu depuis le 21 novembre.

Soyons clair: hier soir, aucun élément précis ne permet d'affirmer qu'il s'agit ou non du ministre qui dirigea aussi les grands parcs nationaux rwandais entre 1990 et 1994. Mais on sait que l'avant-veille de sa disparition, Juvénal Uwilingiliyimana a marché seul le long du canal, mais dans l'autre sens, du côté d'Anderlecht où sa famille l'a finalement retrouvé à 2 h du matin. On le savait dépressif alors que des accusations tardives avaient été lancées en août pour son rôle dans le génocide et le massacre de 4.200 compatriotes. Il niait cependant. Mais le tribunal pénal international a lancé un mandat d'arrêt à son nom. Hier soir, le parquet de Bruxelles se refuse à tout commentaire.

© La Dernière Heure 2005