Faits divers Traitements inhumains ou tortures : les parents pourraient être renvoyés aux assises.

Pour les cinq enfants de Gwendoline V. et Christopher L., le quotidien était un véritable enfer. Les punitions corporelles étaient quasi quotidiennes et pour les mettre en œuvre, ces parents carolos déployaient des trésors d’imagination : les bambins étaient envoyés au coin à genoux avec les bras en l’air, enfermés dans leur chambre durant des heures, obligés de dormir à même le sol et bien sûr, recevaient des gifles et des coups à la volée.

Ce sont les services de protection de la jeunesse qui ont tiré la sonnette d’alarme et alerté la justice.

Depuis des mois, cette famille était suivie de près, vu les problèmes de malnutrition des marmots qui, à plusieurs reprises, ont dû être hospitalisés. Chacun d’entre eux, sans exception, a fait l’objet d’un placement en famille d’accueil. Au fil du temps, les gamins ont fini par se confier sur les traitements qui leur étaient infligés. "Ils étaient régulièrement privés d’aliments et n’avaient le droit de manger que des couennes de jambon et des croutes de fromage", explique la substitute Vairon. "On leur donnait des biberons d’alcool pour qu’ils dorment. Certains étaient remplis d’urine. Il est arrivé qu’une des fillettes défèque sur elle alors qu’elle était enfermée dans sa chambre. Son père lui a fait manger ses excréments !"

Et puis, il y a cette déclaration de Tricia, l’une des petites, qui fait froid dans le dos. Alors qu’elle prenait son bain, son père serait entré en furie pour lui placer la tête sous l’eau. Un simulacre de noyade au terme duquel l’enfant s’est évanouie et a dû être hospitalisée.

Le couple, que les services sociaux ont dû pister vu ses multiples déménagements entre Gosselies et Gilly, a fini par être arrêté pour traitements inhumains et dégradants, coups et blessures et privation d’aliments sur les cinq enfants.

Ce mercredi, Christopher L. et Gwendoline V. étaient convoqués devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Et une question fondamentale s’est posée : ces violences intrafamiliales doivent-elles être qualifiées de traitements inhumains ou de tortures, ce qui entraînerait un renvoi aux assises ?

Pour Me Mohymont, tuteur ad hoc des cinq bambins, cela ne fait aucun doute, vu la répétition des maltraitances : "Dès leur naissance, ils ont été frappés, sous-alimentés, noyés. Que faut-il de plus ?"

Mais du côté du parquet , et bien entendu de la défense, on souligne que l’intensité des souffrances doit être insupportable pour les victimes. Or, si lors du simulacre de noyade, Tricia a cru mourir, cet acte n’est objectivé par aucune preuve médicale et semble avoir été ponctuel.

Le 17 octobre, le tribunal dira donc s’il est compétent pour juger ce pénible dossier ou si ces parents, qui nient les faits, seront jugés aux assises.