Faits divers Jetée du deuxième étage, la chienne Isis a heureusement survécu

Les vidéos postées, hier midi, par l’ASBL Sans Collier ont provoqué un véritable émoi du côté de Nivelles (Brabant wallon). On y voit un jeune homme lancer à deux reprises sa chienne par la fenêtre de son habitation. L’adolescent avait filmé la scène et l’avait ensuite fièrement envoyée à des proches. Mais les vidéos ont fuité sur Internet et sont rapidement parvenues jusqu’à l’ASBL perwézienne qui a immédiatement décidé de porter plainte et invité les autorités à procéder à la saisie de l’animal.

Les faits se sont produits samedi soir au sein de l’habitation du jeune homme. Après avoir placé une première fois sa chienne Isis, visiblement terrorisée, sur le rebord de la fenêtre du premier étage, il lui a donné quelques caresses avant de lui demander "T’es prête ?", puis d’indiquer que la femelle avait "les yeux en sang", laissant présumer qu’elle avait déjà reçu des coups. Il a ensuite poussé l’animal dans le vide. Quelques secondes plus tard, on peut entendre l’impact.

Dans une deuxième vidéo, rebelote. Sauf qu’il lance cette fois son animal depuis le deuxième étage. L’impact fut plus violent et l’on peut entendre les douloureux couinements du chien.

L’auteur des faits indiquera ensuite dans des messages adressés à des connaissances que l’animal était décédé. Au vu de ces images insoutenables, l’ASBL Sans Collier a décidé de porter plainte. Les autorités se sont rendues chez l’auteur des faits, hier après-midi. Et elles ont procédé à la saisie de deux chiens, parmi lesquels figurait Isis. "Elle était heureusement en vie, se réjouit Sébastien De Jonge, directeur de Sans Collier. Avant d’arriver sur place, nous ne savions pas si elle était réellement décédée. C’est un soulagement."

Sur les coups de 17 h 30, la police nivelloise, accompagnée d’un vétérinaire, a constaté des blessures sur la pauvre chienne. "Au départ, nous pensions qu’il s’agissait d’une mise en scène mais la deuxième vidéo est très claire, confie le chef de corps de la zone de police de Nivelles-Genappe, Pascal Neyman. L’animal a bien été jeté d’une hauteur d’environ 5 mètres."

Sans Collier a aussitôt demandé la saisie du chien car ils n’étaient plus en sécurité chez le jeune Nivellois. "Le bourgmestre a autorisé cette saisie, confie Sébastien De Jonge. C’est une saisie provisoire et nous attendons que la saisie définitive soit ordonnée. Nous pourrons alors soumettre les deux chiens à l’adoption."

En attendant, les deux chiens ont été placés chez Un Toit pour Eux, un refuge pour animaux à Nivelles. À la fois Un Toit pour Eux et Sans Collier se sont portés parties civiles et entendent bien aller jusqu’au bout pour faire condamner l’auteur des faits.

Identifié par des Nivellois, le jeune homme faisait état, hier soir, de menaces de mort sur les réseaux sociaux. "Si je te vois en rue, je ne te raterai pas. Tu vas morfler", indiquait ainsi un internaute sur Facebook. Tandis qu’un autre indiquait qu’il le lancerait bien également. "Mais d’un pont. Histoire de ne pas rater mon coup !" Et un autre d’embrayer : "Je ne pense pas que je cracherai sur lui si je le croise. Il mangera de la panade et de la soupe jusqu’à la fin de sa courte vie..."

Une maman sous le choc

Nous sommes parvenus à joindre la maman du jeune adolescent, ce mardi après-midi, à Nivelles. Elle est complètement effondrée.

“Je n’étais pas au courant de ce qu’il s’était passé, confie-telle, d’énormes sanglots dans la voix. C’est une fille qui m’a interpellée en rue, lundi, et m’a montré la vidéo. J’en étais toute retournée. Sur les réseaux sociaux, on disait que le chien était mort alors qu’il était en pleine forme à côté de moi. Je ne comprenais plus rien. Immédiatement, j’ai appelé le père de mon fils qui est rapidement arrivé. Et ensemble, nous avons décidé d’appeler nous-mêmes la police.”

Toujours sous le coup de l’émotion, la Nivelloise ne comprend toujours pas comment son propre fils a pu commettre un tel geste sur un animal qu’elle chérit plus que tout. “Si ça avait été quelqu’un d’autre, je l’aurais traité de tous les noms. Ici, c'est mon fils qui en est l'auteur. Il a voulu faire une mise en scène. Le chien va très bien et il est impossible qu'il n'ait rien en tombant du deuxième étage. Mon fils a dû mettre une protection pour amortir la chute. C'est une mauvaise blague mais il faut savoir que, depuis la naissance, il souffre de troubles du comportement. Il est suivi depuis de longues années par un pédopsychiatre. Je me bats depuis des années pour soigner ses troubles du comportement. Mais il avait récemment arrêté son traitement. Il ne sait pas lui-même ce qui lui a pris. Il regrette énormément son geste.”

Aujourd’hui, le mal est fait. Le jeune homme essuie des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Et même sa maman est ciblée par des insultes et menaces. “Des internautes ont publié notre adresse sur Facebook, confie sa maman, désormais en pleurs. Et certains disent qu’ils vont venir brûler notre maison, qu’ils viendront tout casser chez nous. Cette affaire prend des proportions inimaginables.”

Aujourd’hui, la Nivelloise espère qu’elle pourra bientôt récupérer ses deux chiens. “Mon fils a été écarté du cocon familial. Il doit prochainement intégrer un service de pédopsychiatrie. Je me bats depuis des années pour son bien. Mon fils a besoin d’aide et doit être soigné. Je ne veux d’ailleurs pas qu’il revienne ici avant de l’être complètement. Mes chiens n’ont rien à craindre. J’étais effondrée quand on me les a arrachés. Je veux les récupérer. Ils font partie intégrante de ma vie. Je les ai toujours chouchoutés. Même mes chats semblent perdus en raison de leur absence.”