Faits divers

Le tribunal correctionnel d'Anvers s'est penché une nouvelle fois lundi sur l'affaire concernant Bouchra A., 25 ans, et Tatiana W., 26 ans. 

Ces deux Anversoises sont parties en Syrie pour rejoindre les rangs du groupe terroriste Etat Islamique. Elles ont déjà été condamnées par défaut à cinq ans de prison. Le procureur a requis lundi la confirmation de cette peine. La défense estime pour sa part que les prévenues, qui vivent actuellement dans un camp de réfugiés tenu par les Kurdes, devraient pouvoir assister à leur procès. Bouchra A. en Tatiana W. sont parties en Syrie dès 2013. Leurs maris avaient été enrôlés par le groupe terroriste Majlis Shura Al-Mujahedin. Après le décès de leurs maris, les deux jeunes femmes étaient rentrées en Belgique avec leurs enfants. Elles étaient alors enceinte.

De retour en Belgique, elles sont restées en contact avec la mouvance djihadiste. Deux ans plus tard, à l'été 2015, elles reprenaient le chemin de la Syrie avec leurs enfants pour rejoindre le groupe Etat Islamique.

En mars dernier, elles ont été condamnées par défaut à cinq ans de prison ferme et 8.000 euros d'amende pour participation aux activités d'un groupe terroriste. Elles ont fait opposition de ce jugement.

La défense estime que le nouveau procès qui s'est ouvert lundi n'aurait pas dû avoir lieu, les prévenues étant toujours en Syrie à l'heure actuelle. "Des mesures doivent être prises pour les ramener en Belgique. Nous savons où elles se trouvent et un mandat d'arrêt international a été décerné", e expliqué Me Kirsten Pepermans.

Selon l'accusation, les choses ne sont pas aussi simples. D'une part, il n'existe pas d'accord d'extradition entre la Belgique et la Syrie et l'Irak. D'autre part, l'Etat belge n'a aucune compétence sur les camps de réfugiés sur place. Pour ces deux raisons, les juges bruxellois avaient estimé que la Belgique n'était pas tenue de rapatrier les deux femmes et les six enfants. "Ce procès ne doit pas servir de levier pour les faire revenir en Belgique. Elles peuvent très bien être représentées par leur avocat", a affirmé le procureur Antoon Schotsaert.

La défense n'a pas contesté la culpabilité des prévenues mais a réclamé une peine plus clémente.