Faits divers Moussa Zemmouri avait été condamné pour son rôle dans un home-jacking.

La cour d’appel a vu le parquet fédéral requérir, hier matin, une peine de cinq ans de prison assortie d’un sursis partiel contre Moussa Zemmouri, l’un des trois Belges à avoir été emprisonné à Guantanamo. Cet homme de 39 ans y avait passé près de quatre ans, entre la fin de l’année 2001 et avril 2005. Et il est jugé pour son rôle présumé dans un home-jacking avorté, qui visait un riche dealer de stupéfiants.

Lors du premier procès, Zemmouri avait été condamné à quarante mois de prison avec sursis, alors que le responsable des faits, Soufian Abar Huwari, un Algérien lui aussi retenu durant six années à Guantanamo, écopait d’une peine de douze ans de prison.

À l’origine du dossier , des informations de la Sûreté de l’État. Depuis août 2013, celle-ci savait que Zemmouri était en contact avec Abar Huwari, cet islamiste radical qui prêchait en Syrie. Des écoutes téléphoniques sont mises en place à partir de mai 2015. Il est notamment question d’un home-jacking qui doit être réalisé au domicile d’un habitant de Hoboken, un district d’Anvers. Cet homme, trafiquant de stupéfiants, était censé avoir 700.000 euros en cash à son domicile.

Les écoutes téléphoniques ont montré que cette somme devait servir aux djihadistes belges de Syrie et permettre des départs sur la zone de combat. Dans cette affaire, selon le parquet fédéral, le rôle de Zemmouri aurait été celui d’un informateur, à qui serait revenu 40 % du butin.

Les deux hommes sont placés sous une discrète surveillance. Le 21 juillet 2015, Soufian Abar Huwari, avec trois Algériens connus pour des vols de faible envergure, montent dans la même voiture et se rendent à Hoboken. C’est là qu’ils sont interpellés avant de passer à l’action. Abar Huwari était armé d’un pistolet muni d’un silencieux, tandis que ses complices étaient armés comme des braqueurs amateurs du dimanche.

Depuis le début, Moussa Zemmouri, qui a passé sept mois en détention, nie formellement les faits. Son avocat, Me Walter Van Steenbrugge, plaidera mercredi prochain, dernier jour des débats.