Faits divers

Il y a cinq ans, Geneviève Lhermitte commettait l’irréparable, elle ôtait la vie à ses cinq enfants, à leur retour de l’école

NIVELLES Ce 28 février, il y aura 5 ans que la Belgique était secouée par le début de l’affaire Geneviève Lhermitte.

Celle qui était décrite comme une mère de famille aimante purge, depuis, une condamnation à perpétuité pour avoir tué ses cinq enfants : Medhi (3 ans), Mina (7 ans), Myriam (9 ans), Nora (12 ans) et Yasmine (14 ans). Les faits s’étaient produits dans la maison familiale, avenue Général Jacques à Nivelles, le mercredi 28 février 2007, au retour des enfants de l’école.

Geneviève Lhermitte les avait appelés un à un et les avait égorgés avec un couteau volé dans une grande surface.

Après avoir ôté la vie à ses enfants, Geneviève Lhermitte avait tenté de se suicider avant de prévenir les secours.

Le drame familial s’était joué quelques heures avant le retour du Maroc du mari et père des cinq enfants, Bouchaïb Moqadem. Ce dernier était parti quelques jours dans son pays natal.

Très vite, l’acte de désespoir a été évoqué et la structure de la famille Moqadem-Lhermitte a été dévoilée.

La famille vivait sous la protection du Dr Michel Schaar. Ce médecin avait pris Bouchaïb Moqadem sous son aile depuis sa jeunesse et son arrivée en Belgique.

Michel Schaar était le véritable support financier de la famille, Bouchaïb Moqadem n’ayant pas de métier tandis que Geneviève Lhermitte était mère au foyer après avoir abandonné sa profession d’enseignante.

L’achat de la maison de Nivelles avait aussi été possible grâce au Dr Schaar qui partageait souvent la vie familiale.

Geneviève Lhermitte a tenté d’expliquer son geste et son exaspération, notamment lors de son procès devant la cour d’assises du Brabant wallon en décembre 2008, par cette structure familiale avec une tierce personne.

Reconnue responsable de ses actes par les experts mandatés au cours de l’instruction pénale, Geneviève Lhermitte a été renvoyée devant les assises pour répondre du quintuple assassinat de ses enfants.

Un événement survenu au cours du procès avait amené les experts à revoir leur position.

Un nouvel examen avait été ordonné par la cour suite à la déposition, comme témoin, du psychiatre traitant Geneviève Lhermitte, le Dr Diderik Veldekens. Le psychiatre avait divulgué devant la cour deux lettres d’appels à l’aide qui lui avaient été envoyées par Geneviève Lhermitte.

Dans la seconde, écrite la veille des faits, Geneviève Lhermitte évoquait ce qui allait se produire le 28 février 2007.

Le nouvel examen par le collège d’experts psychiatres rendu lors du procès, à la lumière de cette divulgation, avait conclu à l’absence d’un contrôle des actes dans le chef de Geneviève Lhermitte. Toutefois, ce nouvel avis d’experts ne devait pas obligatoirement guider la décision judiciaire.

Le jury s’en était d’ailleurs écarté en reconnaissant Geneviève Lhermitte coupable des assassinats de ses enfants en la considérant dès lors responsable de ses actes.

Seuls les avocats de Geneviève Lhermitte, Mes Xavier Magnée et Daniel Spreutels, avaient, sur base de ce nouvel avis rendu au cours du procès d’assises, plaidé l’internement.

La cour et le jury n’avaient au final reconnu aucune circonstance atténuante à Geneviève Lhermitte et l’avaient condamnée à la perpétuité. Qu’elle purge actuellement.



© La Dernière Heure 2012