«Civiliser la route»

Isabelle Durant et Gilles de Robien Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Tribune commune de Gilles de Robien, ministre français de l'Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer et d'Isabelle Durant, ministre belge de la Mobilité et des Transports.

«Avec 1.500 morts par an sur les routes en Belgique et 8.000 en France, nos deux pays présentent des statistiques d'insécurité routière désastreuses. Longtemps considérés comme le tribut que nous avions à payer pour notre liberté de déplacement, ces chiffres sont aujourd'hui devenus insupportables.

Et si cette barbarie routière prenait son origine dans le comportement de chacun d'entre nous?

«Nous sommes tous coupables»

Trop longtemps, nous nous sommes réfugiés derrière de faux prétextes. Un jour, le brouillard. Le lendemain, l'état du véhicule ou de la route. Le surlendemain, un piéton inconscient «qui s'est jeté sous la voiture».

En minimisant les conséquences de nos conduites à risque, en considérant l'excès de vitesse ou d'alcool comme une faute parfois excusable, en trahissant consciemment certaines règles élémentaires de prudence, nous sommes tous coupables de non-assistance à vies en danger. La gravité de l'insécurité routière nous oblige sans délai à passer du conducteur solitaire au conducteur solidaire.

Prendre la route, c'est adhérer à une éthique de vie. Enfreindre la loi routière revient au contraire à rompre le contrat social, et nous fait entrer dans le cercle de l'irresponsabilité coupable, celle qui fait de l'autre et de nos proches une cible potentielle.

Sans cette solidarité fondamentale, les améliorations apportées aux infrastructures, aux véhicules et à l'information des usagers de la route, même si elles sont poursuivies et amplifiées, n'auront que peu d'effet.

Comme tous, nous avons eu notre part de responsabilité dans ce refus de regarder la triste réalité de l'insécurité routière en face. Nous appartenons à cette génération bagnole de l'après-guerre pour laquelle la voiture était un outil extraordinaire de liberté, d'indépendance et aussi, avouons-le, de frime et d'élitisme. Notre comportement individuel et collectif n'est plus admissible.

Aujourd'hui, par les efforts conjugués des associations de victimes et des médias, les mentalités sont prêtes à évoluer. L'Etat doit saisir l'opportunité de ce frémissement. Comment croire en effet que nous prendrons individuellement et collectivement conscience de la nécessité de réduire le nombre de morts sur les routes, de rendre l'espace public à tous ceux qui l'utilisent, si les gouvernements ne placent pas la pacification du bitume au premier rang de leurs priorités?

A quelques mois d'intervalle, la Belgique et la France ont lancé des chantiers fondamentaux.

Les Etats Généraux de la Sécurité Routière qui se sont tenus à Bruxelles le 25 février 2002 ont fixé un objectif de réduction du nombre de morts de 50% d'ici 2010 sur les routes belges. Les ministres concernés y ont pris des engagements fermes, pour certains déjà visibles sur le terrain: adaptation de la réglementation, augmentation des contrôles, meilleur suivi des infractions, amélioration des statistiques, aménagement des infrastructures, notamment au bénéfice des usagers doux.

En France, le Président de la République, le 14 juillet dernier, a fait de la lutte contre l'insécurité routière le premier des 3 grands chantiers de son quinquennat. Le 18 décembre, le Premier ministre et son gouvernement ont dévoilé un plan d'action ambitieux pour améliorer durablement la sécurité routière.

L'action des gouvernements belges et français se place résolument dans une volonté de rupture avec ce qui a été fait jusqu'à maintenant.

Rupture parce que nous voulons mettre fin au fantasme de la mesure miracle. Loin des annonces spectaculaires, notre action se veut avant tout coordonnée et globale, incluant l'éducation dès le plus jeune âge, la progressivité de la formation des conducteurs novices et la continuité de la formation au cours de la vie, le contrôle et le suivi des infractions, l'aménagement des infrastructures. Notre action se veut inscrite dans le temps, le temps qu'il faut pour convaincre et changer les comportements.

Rupture aussi parce que nous voulons nous donner les moyens de faire respecter la réglementation existante. Et puisque nos pays se caractérisent par une lacune à ce niveau, la probabilité d'être contrôlé a été revue à la hausse dans nos deux pays. Les forces de l'ordre en tiendront compte dans leurs priorités et recevront des moyens supplémentaires à cet effet.

Couplée à un meilleur suivi des infractions, par le traitement et le paiement plus rapides des amendes, l'augmentation des contrôles doit nous permettre de mettre un terme à la transgression massive des règles.

Si la priorité est de faire appliquer les règles existantes, il n'en demeure pas moins que certains comportements délinquants justifient aussi une aggravation des sanctions.

Rupture parce que le permis ne sera plus à l'avenir un sauf-conduit permanent. Il se mérite par une formation rigoureuse et adaptée. Il se mérite aussi tout au long de sa vie par le respect du code de la route. Un permis probatoire deviendra la règle pour les conducteurs novices.

Depuis ces derniers mois, au cours desquels la sécurité routière a été mise au centre du débat public, quelque chose semble déjà avoir changé au royaume de la délinquance routière.

«Mobilisation quotidienne et collective»

Dans les repas d'amis, il semblerait que l'on parle moins de ses records de vitesse sur autoroutes et plus de l'utilité des limitateurs de vitesse, moins de sa dernière virée un peu trop arrosée et plus du volant sagement transmis à un conducteur plus sobre, moins du caractère autoritaire des contrôles que de la nécessité d'en augmenter le nombre.

La dernière enquête de l'Institut Belge pour la Sécurité Routière montre qu'en un an de débat public sur la sécurité routière, l'excès de vitesse s'impose davantage auprès des conducteurs comme socialement inacceptable.

Il reste à traduire cela davantage dans les comportements et les chiffres.

Parce que l'éthique et la responsabilité retrouvent petit à petit leur place dans l'habitacle de nos voitures, nous sommes convaincus que les Belges et les Français sont partants pour adhérer à cette politique gouvernementale et pour la transformer en une mobilisation quotidienne et collective. Nous avons la conviction que nous sommes à l'aube d'une nouvelle civilisation routière. Une civilisation dans laquelle la voiture n'est plus un objet de puissance et de domination mais un objet pacifié et convivial. Une civilisation dans laquelle le plaisir de la conduite sportive s'efface au profit du plaisir de l'espace public partagé.

Les intertitres sont de la rédaction.

© La Dernière Heure 2003

Isabelle Durant et Gilles de Robien

Betfirst - Livepartners

Ailleurs sur le web

Votre horoscope du jour par Serge Ducas

Bélier

Votre conjoint ne partage pas votre vision des choses. Vous avez davantage de mal à communiquer.

Taureau

Au travail, vos supérieurs vous proposent des tâches qui répondent à vos attentes ou vos compétences.

Gémeaux

Soyez prudent sur le plan financier. Prenez des dispositions afin de réduire vos charges à court terme.

Cancer

Vous restez très discret sur votre vie sentimentale. Surtout si vous venez de rencontrer quelqu’un.

Lion

Vous êtes indulgent et le premier à rendre service à un proche en difficulté. On se dispute votre compagnie.

Vierge

Vous êtes soucieux de l’image que vous voulez donner aux autres. Faire bonne impression est votre priorité.

Balance

L’atmosphère est tendue à la maison. Vous formulez des reproches à votre partenaire. Vous n’êtes pas tendre.

Scorpion

Comme pour le signe qui vous précède, vous avez des remarques à faire. Pour vous, c’est au travail que vous dites vos quatre vérités.

Sagittaire

Vous redonnez à votre couple l’insouciance qui a manqué à certains d’entre vous pendant des semaines.

Capricorne

Vous êtes plus compréhensif que d’ordinaire. Les autres vous découvrent sous un nouveau jour.

Verseau

Vous revenez sur une décision prise de façon trop précipitée. Vous rectifiez le tir avec succès.

Poissons

Vous travaillez en bonne harmonie. Votre attitude positive met une bonne ambiance parmi vos collègues.

Facebook