Faits divers 10.146 contre 11.769 en 2014 ou - 13,8 % en trois ans : moins de détenus dans les prisons.

Les détenus savent des choses. On l’a compris aux Pays-Bas où un programme pilote est mené depuis le début de l’année pour les inciter à tuyauter la police dans les affaires criminelles non élucidées. Avec succès : en six mois l’expérience a permis d’obtenir des renseignements donnant l’espoir d’élucider 52 cold cases. Si ça fonctionne chez nos voisins, pourquoi pas chez nous, s’interroge la députée Sophie De Wit (N-VA) ?

La problématique des cold cases est une véritable priorité aux Pays-Bas où la police reconnaît un passif de 1.500 meurtres non élucidés, et donc autant de meurtriers et assassins libres comme l’air. C’est pour combattre cette impunité que les Pays-Bas ont mis au point ce projet proactif : chaque semaine, on y sensibilise les détenus à un dossier différent de meurtre ou de disparition non élucidé, avec promesse de récompense pour les gouden tips qui permettront d’élucider ou faire progresser l’enquête. À ce stade, l’expérience est menée dans cinq établissements. Après six mois, la police dit n’avoir jamais reçu autant d’informations dans des enquêtes qui étaient bloquées.

S’il ne dit pas non , Koen Geens estime que l’expérience ne pourrait s’envisager chez nous qu’après concertation avec le pouvoir judiciaire, les parquets, les services de police et les établissements pénitentiaires.

Encore faudrait-il connaître le nombre de cold cases en Belgique. Les Pays-Bas jouent la transparence : 1.500. C’est moins le cas en Belgique où 855 homicides furent comptabilisés entre 2010 et 2014, sans que l’on sache combien sont élucidés. Le ministre Geens promet d’interroger ses services.

Pourquoi s’intéresser aux Pays-Bas ? Parce que le député Jean-Jacques Flahaux relève qu’alors que la criminalité est en hausse partout en Europe et mène partout à une saturation des prisons, la tendance est à la baisse aux Pays-Bas au point que ce pays en est à louer ses prisons à des pays voisins dont le nôtre. Les crimes et délits y ont dégringolé de 26 % entre 2007 et 2015 et le nombre de personnes envoyées en prison y a reculé de 25 %, passant de 50.650 en 2005 à 37.790 en 2015, de sorte que le taux d’incarcération n’y serait plus que de 57 détenus pour 100.000 habitants, contre 458 aux États-Unis.

Et en Belgique ? La semaine passée, on comptait 10.146 prisonniers : c’est aussi un recul (de 13,8 % par rapport aux 11.769 en 2014…), un retour lent mais clair à des chiffres que nous avions en 2009/2010.