Faits divers Objectif du parquet fédéral: enquêter sur place sur le consul général Jacques Huygen

BRUXELLES Un mois que chacun pouvait se demander ce que cachait ce silence dans l'affaire du consul général de Belgique au Maroc, M. Jacques Huygen...

C'est ce diplomate belge rappelé à Bruxelles le 22 novembre. Le 20 décembre, les Affaires étrangères belges confirmaient qu'un de ses diplomates était effectivement soupçonné d'avoir commis des irrégularités dans l'octroi de visas à de jeunes femmes Marocaines et qu'elles dénonçaient les faits au parquet fédéral. Celui-ci mettait l'affaire à l'instruction à Bruxelles chez le juge Jacques Pignolet. On en était là il y a un mois. Et puis plus rien. Faux calme avant la tempête?

On apprend hier soir que deux magistrats se sont envolés il y a quelques heures pour le Maroc avec des enquêteurs de la police fédérale de Bruxelles. Le juge Pignolet et son collègue Ph. Meire devraient peu rester au Maroc. Leur présence viserait surtout à aplanir divers obstacles juridiques et permettre aux enquêteurs de faire ce qu'ils ont prévu. Et notamment rencontrer la diplomate qui a succédé à Jacques Huygen à Casablanca, Mme Nancy Rossignol. Pour l'instant, la justice se contente visiblement de vérifier sur place les insinuations tout en respectant les règles et formalités. Pas facile a priori quand il s'agit d'enquêter à l'étranger et dans le milieu diplomatique.

A ce stade, l'affaire se résume à des informations inquiétantes (mais à vérifier) rapportées par un confrère marocain - Abdelatif El Azizi - dans Maroc Hebdo International.

Il est question des relations du diplomate belge avec une ex-prostituée. Celle-ci aurait rabattu des jeunes Marocaines auxquelles M. Huygen aurait accepté de procurer des visas. M. Huygen rétorque que c'est faux. Maroc Hebdo International ajoute que des soirées très spéciales étaient organisées à la Maison des Belges et que c'est lors de celles-ci qu'étaient choisies les filles sélectionnées pour pouvoir partir en Belgique.

Abdelatif El Azizi n'hésite pas à parler de poules de luxe réservées au gratin aristocratique.

Vrai? Faux? Au Maroc, le juge Pignolet et le magistrat fédéral Ph. Meire sont donc à pied d'oeuvre depuis hier. Il est plutôt rare que des magistrats effectuent eux-mêmes la commission rogatoire. Il est plus habituel qu'ils fassent faire le travail par les enquêteurs en charge.

© La Dernière Heure 2003