Faits divers

Un quinquagénaire, qui avait écopé de huit ans de prison devant le tribunal correctionnel de Charleroi, le 6 novembre dernier, a obtenu son acquittement, vendredi matin, devant la quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut à Mons. La cour constate que les déclarations de plaignantes ne peuvent pas être corroborées par des éléments d'enquête manquants et elle n'exclut pas le contexte conflictuel entre l'homme et ses ex-compagnes, mères des plaignantes. 

Le tribunal correctionnel avait prononcé la culpabilité du prévenu sur base "d'un faisceau d'indices précis et concordants", mais Me Jean-Philippe Mayence, qui avait repris le dossier en degré d'appel, avait demandé à la cour de prononcer l'acquittement de son client ou, à tous le moins, d'ordonner des devoirs complémentaires. Selon lui, l'enquête ne s'appuyait que sur les déclarations des victimes, deux filles du prévenu et la fille d'une ancienne compagne, toutes mineures.

"Il n'y a aucune expertise gynécologique dans le dossier. De plus, mon client prétend qu'il est impossible pour lui d'avoir une érection, et ce bien avant 2009, et il cite son médecin, lequel n'a pas été entendu durant l'enquête. Enfin, sa compagne actuelle a reçu des SMS de la mère des plaignantes mais elle n'a pas été auditionnée par les enquêteurs", avait plaidé l'avocat.

La cour constate qu'elle ne peut plus demander de nouveaux devoirs d'enquête compte tenu de l'écoulement du temps et que la maman des filles du prévenu s'était engagée à se rendre avec elles chez un gynécologue pour un examen, ce qu'elle n'a pas fait. Le cour estime aussi que les déclarations des plaignantes doivent être prises avec circonspection.

Le prévenu avait déjà été inquiété pour des faits identiques, sur trois autres enfants. Condamné à une peine de sept ans de prison à Huy, il avait été acquitté par la cour d'appel de Liège, au bénéfice du doute. Il est acquitté, une fois de plus, au bénéfice du doute.