Faits divers L’éducateur, condamné pour abus sexuels sur 15 mineurs, travaille à nouveau dans un centre pour jeunes.

Un habitant de Wenduine, condamné il y a dix ans pour abus sexuels sur 15 mineurs d’âge placés dans un centre, retravaille dans cette institution, sur la côte belge. "Comment est-ce possible", s’indigne une des anciennes victimes, qui a décidé de porter plainte. "Car cet homme a fait davantage de victimes que les quinze pour lesquelles il a été condamné".

Yordy - aujourd’hui 25 ans - vient d’une famille à problèmes qui lui ont valu, étant enfant, d’être placé chez des parents d’accueil. "Au début, c’était beaucoup mieux". Ce "mieux" fut de courte durée. La dame avait un compagnon travaillant depuis des années comme éducateur dans un centre pour jeunes. Un pédophile que nous appellerons Danny V.

Livré à Danny V., Yordy a subi tous les abus : "Cet homme mettait plus vite sa main dans mon caleçon que son nez dans mes cahiers de leçon". Danny V. venait dans son lit et le tripotait sous les couvertures. Il n’était qu’une des victimes de l’éducateur. Au procès, V. a reconnu qu’il attirait dans son lit des enfants dont il s’occupait. Ce n’était pas sexuel, selon lui. Un enfant parle de sexe oral et de masturbation, lui "d’aventures homosexuelles sans lendemain".

En appel, le pédophile fut condamné à quatre ans, dont deux avec sursis, pour attentat avec violences ou menaces sur quinze mineurs de moins de 16 ans, entre 1983 et 2001.

Il n’a pas cessé de minimiser. Il ne réalisait pas, dit-il, les conséquences pour ses victimes. "Je ne voulais pas les blesser. Et si je les touchais, c’était pour leur hygiène corporelle."

Yordy n’a pas oublié. Il a aujourd’hui 25 ans. "C’était impossible pour moi de lire le dossier quand j’étais plus jeune. Trop dur. J’ai découvert qu’il y a au moins quatre victimes de plus que celles que l’on savait. Comment je le sais ? J’étais présent. Je sais ce qu’il leur faisait sous la douche ou quand il prenait les enfants sur ses genoux".

Et Yordy poursuit qu’en faisant des recherches dans Google, il a été choqué de découvrir que l’éducateur possédait deux maisons de vacances à la mer qu’il louait en leur donnant des noms pas choisis au hasard, des noms d’anciennes de ses petites victimes.

Que répond le pédophile contacté hier (il est en liberté et retravaille dans un centre) ? "J’ai subi la peine. J’ai été jugé pour toutes les victimes. Il n’y en avait pas d’autres. C’était un drame personnel pour moi aussi."

Danny V., 57 ans, précise encore que, s’il retravaille dans une institution pour jeunes, il n’est plus éducateur. "Je fais de l’administration. Je ne suis plus du tout au contact d’enfants".

Quant aux noms qu’il donne aux maisons de vacances qu’il loue ? "C’est un hasard. Ce sont des noms que j’ai trouvés dans des dessins animés".