Faits divers Le seul accusé en aveux était en cavale depuis des années

LIÈGE Lundi peu avant midi, la rumeur qui circulait dans les couloirs du palais de justice de Liège s'est officiellement vérifiée: Mimo Castellino, condamné à 20 ans de prison dans le cadre du procès Cools, a été arrêté, dimanche en Allemagne. L'homme, sous le coup d'un mandat d'arrêt international, a immédiatement été écroué.

On ne sait pas grand-chose sur les conditions de son interpellation. Dimanche vers 7h20, il a été interpellé lors d'un contrôle autoroutier effectué à Rosenheim (70 km à l'est de Munich). Selon toute vraisemblance, il se rendait chez sa soeur.

Reste à savoir ce qui va se passer. Nous allons demander son extradition», confie Mme Marianne Lejeune, l'avocat général qui avait requis lors du procès Cools. «Mais comme l'Allemagne n'applique pas le mandat d'arrêt européen, il va falloir recourir à la procédure d'extradition classique. Si M. Castellino ne s'y oppose pas, cela ne prendra que quelques semaines. S'il s'y oppose, cela pourrait prendre plusieurs mois.»

Une fois en Belgique, deux possibilités s'ouvriront à Castellino. Il pourra soit purger sa peine, soit faire opposition, ce qui, selon son avocat, devrait être le cas. «Alors, nous serons contraints de reconvoquer la cour d'assises pour le juger», continue Cécric Visart de Bocarmé, le procureur général de Liège.

Vu la loi, s'il fait opposition, le truand italien ne pourrait que voir sa peine rester la même ou diminuer. Par contre, les frais d'avocat et de justice lui incomberaient, ce qui ne serait pas mince.

Pour rappel, le 7 janvier 2004, Castellino a été reconnu coupable de complicité dans l'assassinat d'André Cools et dans la tentative d'assassinat sur Marie-Hélène Joiret. L'homme avait été détenu préventivement en septembre 1996 pour être libéré en octobre 1997. Il avait profité de cette libération pour prendre la poudre d'escampette et se réfugier dans sa Sicile natale d'où on ne pouvait l'extrader. C'est donc son esprit de famille qui l'a trahi.

De tous les inculpés du procès Cools, c'est le seul qui était en aveux. En fait, il avait déclaré avoir été engagé par Cosimo Solazzo pour recruter des tueurs. C'est ce qu'il avait fait en Allemagne vu sa connaissance du milieu local.

Mais les tueurs lui ont fait faux bond, non sans garder l'acompte versé. Menacé par les organisateurs liégeois, il a finalement trouvé les deux Tunisiens, en Italie. Il est allé les chercher et les a aidés à faire des repérages. C'est aussi lui qui a évacué les tueurs, juste après l'attentat.

En finalité, c'est aussi lui, le vrai témoin anonyme qui a permis d'éventer toute la trame de l'assassinat. Pour ce faire, Castellino a fourni des informations à un homme de paille.

© La Dernière Heure 2006