Faits divers

L'ancien président du FN, est condamné à une amende pénale de 38.500 euros pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux.

Daniel Féret, l'ancien président du Front National belge (FN), parti d'extrême droite aujourd'hui dissous, a été condamné, lundi, par le tribunal correctionnel de Bruxelles, à une amende pénale de 38.500 euros. Il a également été condamné à une confiscation spéciale de 75.000 euros, somme relative aux avantages qu'il a tirés des infractions de faux, usage de faux et abus de confiance, commis entre 1989 et 2007, au préjudice de son propre parti, le FN. Le tribunal a condamné Daniel Féret pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux. Il a toutefois acquitté l'ancien homme politique d'autres faits de faux, d'organisation de son insolvabilité, de détournement, d'abus de confiance, de défaut de tenue de comptabilité et de blanchiment.

Le tribunal a également établi la culpabilité de la compagne de Daniel Féret, Audrey Rorive, pour abus de biens sociaux et pour blanchiment. Celle-ci bénéficie néanmoins d'une suspension du prononcé mais a été également condamnée à une confiscation spéciale d'un montant de 3.000 euros.

Concernant les indemnités demandées par la partie civile, le liquidateur de l'Association de Financement du Front National (AFFN), le juge a accordé le paiement d'un montant d'un peu de moins de 70.000 euros à celle-ci par les condamnés.

Daniel Féret et sa compagne étaient poursuivis pour avoir, entre 1989 et 2007, utilisé l'argent versé au FN à titre de financement public à des fins personnelles, notamment pour s'offrir une villa et du matériel photographique.

Parmi les quelques préventions de faux, le juge a estimé que Daniel Féret avait bien remis des factures de consultance au FN qui ne faisaient référence à aucune prestation de sa part.

Ensuite, parmi les préventions d'abus de biens sociaux, le juge a reconnu que Daniel Féret avait acheté du matériel photographique pour un montant de 20.000 euros et avait payé des frais d'avocats, le tout pour lui-même, avec l'argent du FN. Il a aussi estimé que Daniel Féret avait fait enregistrer la marque "FN" à son nom propre, au préjudice encore de son parti politique.

En ce qui concerne Audrey Rorive, le juge a établi la prévention d'abus de biens sociaux pour un prêt que le FN lui avait accordé afin d'acquérir une villa au Cap d'Agde pour elle-même. "Ce type de prêt ne ressort pas de l'objet social de l'asbl AFFN et implique un conflit d'intérêt, Audrey Rorive étant alors membre du FN", a dit le juge à ce propos.

Audrey Rorive a été reconnue coupable d'abus de biens sociaux également pour s'être fait indûment payer des charges locatives par le FN pour des locaux qu'elle lui louait.

Celle-ci a encore été reconnue coupable de blanchiment d'une somme d'un peu plus de 20.000 euros.

Dans son prononcé, le juge a tenu compte de l'ancienneté des faits et du léger dépassement du délai raisonnable mais aussi du retrait de la vie politique des deux prévenus et de l'absence de nouveaux faits qui les incriminent.

Le juge a néanmoins aussi insisté sur l'absence d'amendement et de remise en question des prévenus.