Faits divers Fiches Interpol et Schengen : la police fédérale a supprimé son arriéré en matière de terrorisme.

Un rapport du Comité P relève que, trois ans après la mise en évidence de retards considérables au sein de la police fédérale dans le traitement des signalements internationaux par Interpol et Schengen, des progrès ont été enregistrés dans la gestion de l’information policière internationale. Une meilleure gestion a permis de rattraper une partie de l’arriéré de plus de 42.000 fiches. Et si son rapport cite un retard actuel de 9.000 à 14.500 signalements Interpol non traités, le Comité P se réjouit de constater que la police fédérale n’a "en principe" plus aucun arriéré en matière de signalements liés à des faits de terrorisme.

C’est en 2014 qu’un rapport du comité de direction de la police fédérale avait constaté des retards importants dans l’encodage dans la BNG (banque de données nationale générale) ainsi que dans le traitement de 42.500 signalements étrangers - 14.500 messages Interpol et 28.000 signalements Schengen - envoyés à la police belge.

Selon le Comité P, des criminels pouvaient ainsi séjourner sur notre territoire sans être inquiétés lors des contrôles. Les familles de personnes retrouvées pouvaient ne pas être prévenues à temps. Des disparitions inquiétantes, des victimes d’enlèvements, des personnes disparues retrouvées, n’étaient pas mises en relation avec des signalements internationaux. Des désignalements étaient exécutés tardivement. Et lors d’opérations de police, les services sur le terrain pouvaient ne pas être informés des messages internationaux concernant des criminels recherchés !

S’il pointait des problèmes d’effectifs et de technologie dépassée, le Comité P attribuait aussi la situation à "un véritable esprit de clocher entre différents bureaux". Le principal service était réduit à 50 % de ses effectifs alors que sa charge de travail avait augmenté de 40 %.

Le Comité P se veut positif. En lien avec le plan d’optimalisation de la police fédérale, "des mesures efficaces ont été prises et appliquées". En interne, un nouveau chef de service et de nouveaux chefs de section ont insufflé une nouvelle culture de travail. Des procédures ont été mises en place pour s’assurer que "personne ne passe désormais à travers les mailles du filet". La priorité a surtout été donnée à la menace que fait peser l’État islamique et à la problématique des combattants de Syrie.

Le Comité P insiste pour une meilleure intégration de l’information policière internationale dans les outils mis à disposition des policiers sur le terrain.