Faits divers Le procès des faussaires de Saint-Gilles débute ce matin. Ils ne sont pas renvoyés pour terrorisme.

Ils auraient pu être jugés devant des magistrats anti-terroristes et peuvent se féliciter de comparaître devant une juridiction de grand banditisme, la 47e chambre correctionnelle de Bruxelles.

Ce matin débute le procès de 14 personnes dont un seul, le soi-disant Khalid Ledjeradi, est jugé comme dirigeant d’organisation criminelle. Un autre personnage, l’Algérien Djamal Eddine Ouali, arrêté en Italie en mars 2016.

Ils sont soupçonnés d’avoir mis sur pied une véritable usine à faux documents, basée au numéro 32 de la rue Gustave Defnet, à Saint-Gilles. Et la perquisition menée dans le cadre de ce dossier, réalisée le 13 octobre 2015, avait alerté les services de l’antiterrorisme.

Ce jour-là, environ 1.300 documents ont été trouvés, parmi lesquels ceux de Salah Abdeslam, Mohamed Belkaïd et Najim Laachraoui, impliqués dans les attentats de Paris et Bruxelles. Leurs faux noms, respectivement Yassine Baghli, Samir Bouzid et Soufiane Kayal, avaient affolé les services de renseignements de toute l’Europe. C’est grâce à ces faux papiers que les deux derniers, revenus de Syrie, avaient traversé le continent.

L’atelier fonctionnait depuis plusieurs mois et proposait toute une gamme de faux documents contenus dans des fichiers informatiques, imprimés ensuite sur place avant d’être plastifiés. Dès à l’époque, les autorités craignaient que ce trafic pouvait servir les intérêts de djihadistes. L’enquête avait aussi permis d’intercepter des documents d’identité belge envoyés en Grèce et interceptés en mai 2014, à une époque où le réseau belgo-français de djihadistes liés à Abdelhamid Abaaoud avait fait d’Athènes l’une de ses bases arrières.

Un mois après les interpellations de Saint-Gilles, se déroulaient les attentats du 13/11/2015, à Paris. Durant toute l’instruction, le parquet de Bruxelles a cherché à demander que la qualification terroriste soit accolée au dossier. Me Hamid El Abouti, avocat du principal prévenu, a fait valoir que son client ne pouvait pas savoir que ces quelques clients étaient des terroristes en puissance.