Faits divers Dimanche, la police a tiré sur ce jeune homme de 31 ans qui venait de s’entailler la gorge.

Au lendemain des faits, on en sait un peu plus sur la mort de Samuel H., 31 ans, décédé dimanche, vers 16h30, à Jette, au second étage d’un petit immeuble de la rue Reniers, peut-être à la suite d’un tir de police.

Il était environ 16h lors de jour de fête des mères quand la voisine de palier entend des éclats de voix derrière sa porte. "J’étais devant la télé et j’ai entendu un cri : ‘au secours !’", raconte Anne-Marie, cette voisine. Elle ouvre la porte et voit sa voisine, Caroll S., aux prises avec son fils Samuel, armé d’un long couteau de cuisine. La victime et sa maman vivaient ensemble. "Il était délirant, il n’arrêtait pas de répéter : ‘Je dois tuer ma mère mais je ne peux pas’. J’ai essayé de le raisonner en lui disant qu’il ne devait pas tuer mais c’était impossible. Alors, j’ai fait entrer Caroll chez moi, j’ai fermé la porte et appelé la police", précise cette dame de 71 ans.

La mère du jeune homme s’est toutefois blessée en tentant de désarmer son fils. Elle s’est profondément ouvert la main, saignant abondamment. La voisine a pu la soigner.

Quelques minutes plus tard, plusieurs véhicules de la zone de police Bruxelles-Ouest arrivent sur les lieux, avec notamment une équipe cynophile. "Les inspecteurs de police ont enjoint le suspect à laisser tomber son couteau. Il n’a pas obtempéré et se serait montré menaçant envers la police. Il a également blessé avec son couteau un chien policier qui tentait de le neutraliser", indiquait hier le parquet de Bruxelles, dans un communiqué.

La police et Samuel H. ont continué à échanger au niveau du palier. Finalement, l’un des policiers a ouvert le feu et a atteint l’homme au buste. Est-ce pour autant la cause de la mort ? Le parquet attend les résultats de l’autopsie, précisant "qu’il s’était porté lui-même plusieurs coups de couteau, notamment à hauteur de la gorge". Hier, la voisine a précisé "ne pas avoir entendu de sommation" de la part de la police, mais a précisé qu’à ce moment, elle s’occupait de la mère, choquée, et a pu mal entendre. Caroll S., en état de choc, est cependant sortie de l’hôpital dimanche soir, vu que sa blessure à la main ne soulève pas d’inquiétude particulière.

Souffrant d’une pathologie psychiatrique, Samuel H. ne prenait plus ses médicaments depuis déjà deux semaines. Selon le voisinage, il lui arrivait de sortir muni d’un long couteau. Il y a environ deux semaines, le jeune homme s’était coupé la main. "Je les avais conduits à l’hôpital tous les deux, relate Anne-Marie . J’en veux au psy de ne pas avoir gardé Samuel à l’hôpital alors qu’il savait qu’il ne prenait plus ses médicaments", regrette la voisine.

Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet : une première liée à l’agression de Caroll S. par son fils, qui devrait aboutir à un non-lieu suite au décès du suspect. Et la seconde : "l’incident de tir", comme il est pudiquement nommé.