Faits divers La police enquête sur un total de trois décès rapprochés de patients traités dans un centre de médecine alternative proche de la frontière belge.

Une enquête est ouverte en Allemagne après trois décès survenus en peu de jours de patients atteints de cancer traités dans un centre de médecine alternative, dont celui d’une Belge de 55 ans. Tous s’étaient adressés au Klaus Ross Centrum situé à Brüggen (près de Moenchengladbach, à une demi-heure de la Belgique). "L’objectif était d’aider Leentje, pas de la tuer" , confie Françoise Goedhuys dont l’épouse, Leentje Callens, est la victime belge décédée le 21 juillet après avoir reçu en perfusion un produit venu des États-Unis que le centre expérimentait pour la première fois.

Un cancer du pancréas avait été diagnostiqué en octobre. Si la chimio avait réduit la tumeur, Leentje savait qu’elle n’était pas tirée d’affaire. Le couple, qui voulait se marier en 2017, avança la date au 18 juin. "Une journée magnifique".

Sans jamais se plaindre, Leentje, qui avait perdu 17 kilos, se sentait très faible. C’est grâce à Internet que les deux femmes ont appris l’existence de ce Centre Klaus Ross assez proche de la frontière belge. Il en coûterait 9.900 euros pour un traitement de 10 semaines. "On n’attendait pas un miracle mais rien ne pouvait être dangereux : c’était garanti naturel à 100 %".

Les premières perfusions de produits furent administrées les 18 et 19 juillet à Leentje ainsi qu’à quatre autres patients.

Après celle du mercredi 20 au matin, Leentje eut très vite d’importantes nausées. Si Françoise s’alarmait, le médecin répondait qu’il utilisait pour la première fois non plus des produits venant d’Allemagne, mais du matériel venant des États-Unis. Un coup de fil chez le fabricant américain les rassura : "Tout était normal".

Leentje avait maintenant des convulsions. On l’autorisa néanmoins à rentrer à l’hôtel à Venlo. À 4 h du matin le jeudi 21, Leentje faisait de telles convulsions que Françoise commandait une ambulance. Leentje est décédée l’après-midi, à 15 h, à l’hôpital de Nimègue.

La police a appris le décès d’un autre patient traité au même moment au Centre Klaus Ross, ce que la police Oost-Nederland pouvait confirmer hier après-midi. Et Françoise est informée d’un troisième décès.

Klaus Ross est injoignable depuis plusieurs jours et le parquet (allemand) de Krefeld ne fait aucun commentaire.

Leentje a été enterrée samedi à Beveren.

"Facturer 9.900 euros un traitement, c’est de la folie", répondent les spécialistes. "Il n’y a pas de traitement alternatif contre le cancer. C’est une tentation mais tous ont un point commun : ils n’ont aucun effet".