Faits divers La perte de Raqa sonne le glas du califat de l’EI.

Avec la perte de Raqa, le califat autoproclamé du groupe État islamique (EI) s’effondre et se limite désormais à des réduits à la frontière irako-syrienne, mais les kamikazes et cellules dormantes de l’organisation djihadiste sont toujours à craindre. Trois ans après avoir capturé un territoire aussi grand que l’Italie, ce groupe ultra-radical responsable d’atrocités en Syrie et en Irak et d’attentats en Occident a vu son califat se réduire comme peau de chagrin, après les multiples offensives.

Dernier revers en date : Raqa, son ancienne capitale de facto en Syrie, qui est tombée mardi aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les États-Unis.

Acculés, les djihadistes subissant défaite après défaite vont se replier vers les territoires à la frontière entre la Syrie et l’Irak : autour de la localité de Boukamal dans la province syrienne de Deir Ezzor, et autour de la ville irakienne d’Al-Qaïm dans la province d’Al-Anbar.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’EI a perdu en deux mois la moitié de la grande province pétrolière de Deir Ezzor frontalière de l’Irak, visée par deux offensives distinctes : celle des forces du régime syrien, soutenues par l’aviation russe, et celle des FDS. Les djihadistes ne contrôlent plus que 8 % de Deir Ezzor, la capitale de la province du même nom, alors que dans le passé ils en occupaient plus de la moitié.

malgré les défaites, la force de nuisance des djihadistes reste bien réelle. "La terrible vérité, c’est que l’EI sera tout aussi meurtrier comme réseau d’insurrection terroriste que lorsqu’il était un quasi-État, avertit M. Heras, expert du Center for a New American Security à Washington. En Syrie et en Irak, l’EI a pour stratégie de mener une insurrection brutale contre n’importe quelle force qui va conquérir son califat en utilisant de jeunes combattants endoctrinés, issus de la population locale." Un avis partagé par M. Tamimi qui met en garde contre "les cellules dormantes, les raids, les kamikazes", auxquels l’EI peut encore avoir recours. "Les attaques en Europe vont continuer pendant un certain temps. La défaite du projet étatique de l’EI diminue certes son attrait, mais (le groupe) continuera d’avoir des partisans pendant un long moment."

Raqa était devenue le symbole des pires atrocités commises par l’organisation djihadiste, qui y aurait planifié les attentats ayant frappé plusieurs pays ces dernières années, notamment en Europe.