Faits divers Alerter les citoyens d’un délit ne doit pas se faire via Facebook, avertit la police.

Au téléphone, le commissaire principal Leleux, directeur des opérations de la zone de police de Namur-Capitale.

Il n’apprécie pas les dénonciations qui portent sur des personnes et dont on peut prendre connaissance notamment via Facebook : "Certains ne se rendent pas compte qu’ils lancent un véritable appel au crime en agissant de la sorte : ils dénoncent à la vindicte populaire ceux qu’ils pensent être les coupables, mais en sont-ils certains ?"

Prendre l’opinion à témoin suite à une agression est désormais chose courante. Ainsi, en région namuroise, un certain Pierre a publié la photo de son visage bien abîmé après avoir reçu un coup de poing mardi soir au McDonald’s, ce qui lui a valu onze points de suture.

On a aussi pu visionner des images provenant de La Maison des desserts à Namur, qui a publié la vidéo de sa vitrine en train d’être vandalisée voici quelques mois, ainsi qu’une autre montrant un pickpocket à l’œuvre, il y a quelques semaines. Selon le commissaire Leleux, cette attitude risque de mener à de graves dérives, voire à des morts, peut-être innocents ! "Ce serait regrettable !"

Il admet que le citoyen a le droit de s’exprimer mais il précise qu’en parler sur les réseaux sociaux ne va pas faire bouger les choses : "Nous luttons contre ce phénomène récurrent depuis longtemps, sans succès ! Certes, ce n’est pas agréable de faire la file pour déclarer le vol d’un PC portable mais cette simple action permettrait à la police de mettre en branle une enquête sur le terrain qui mènerait à des pistes inattendues ! Ainsi, une série de vols dans une même rue le soir pourrait amener à revoir la politique communale d’éclairage urbain ou le (dé)placement de caméras vidéo. Le commissariat pourrait aussi décider de renforcer les patrouilles ou d’en modifier les structures, par exemple en privilégiant les patrouilles avec chien plutôt que motorisées !"

Le commissaire principal a quelques réticences pour évoquer quelques cas plus délicats, tel celui de cette jeune fille qui avait décrit sur les réseaux sociaux une agression qu’elle disait avoir vécue lorsqu’elle avait été importunée par deux hommes. "Nous avons pu identifier la jeune fille et nous l’avons interrogée pour découvrir que les deux jeunes gens lui avaient juste fait un compliment qu’elle n’a pas compris, ce qui aurait engendré chez elle une panique telle qu’elle avait pris ses jambes à son cou, en imaginant que les lascars la suivaient !"