Faits divers

Ils pointent les conditions de travail au quotidien au sein de la compagnie low cost

CHARLEROI Cinq employés de chez Ryanair mais seulement deux visages. Les autres travailleurs de la compagnie irlandaise préfèrent témoigner avec un masque devant les caméras pour éviter d’être licenciés sur le champ.

C’est que le sujet qu’ils abordent dans le cadre d’une conférence de presse organisée par la CNE risque de ne pas plaire aux responsables de la compagnie irlandaise. Quand il est question des conditions de travail, souvent critiquées, de la compagnie low cost, ses responsables se raidissent souvent.

Que sont venus dire les cinq employés en question toujours en service ou déjà partis vers d’autres cieux ? Que travailler pour Ryanair, ce n’est pas bénéficier des meilleures conditions de travail qui soient.

Financièrement parlant d’abord : ils gagnent 16, 20 euros brut à l’heure mais uniquement en vol, c’est-à-dire entre le moment du décollage et de l’atterrissage de l’avion. Ce qui revient à dire que le briefing et l’ensemble du travail au sol ne sont pas pris en compte dans la rémunération, semble-t-il.

Les heures supplémentaires n’existent pas non plus, affirment les employés : l’équipage n’est pas payé davantage même en cas de retard ou d’avarie technique bloquant l’avion. “En cas d’absence pour maladie, explique une des cinq employées, un certificat médical ne suffit pas. Au bout de trois jours, il faut se présenter à un responsable et dévoiler l’origine des problèmes de santé de façon fort précise.”

Même s’ils vivent en Belgique, en l’occurrence à proximité de l’aéroport de Charleroi où est basé Ryanair, les travailleurs de la compagnie dépendent du droit irlandais, réputé moins protecteur à l’égard des travailleurs.

L a CNE qui a récolté les témoignages et organisé la conférence de presse d’hier tentera dans les prochaines semaines de relancer le combat contre les abus attribués à Ryanair. Comment ? Sur le terrain juridique, annonce-t-elle. Mais aussi politique : “En France, une loi existe bien, affirme Tony Demonte, permanent CNE. Elle est peut-être imparfaite mais Ryanair est bien obligé de s’y référer. Pourquoi pas quelque chose de comparable chez nous ?”



© La Dernière Heure 2011