Faits divers Pour les habitants du quartier, les jeunes ne sont pas assez pris en considération.

Ce lundi, nous nous sommes rendus dans les rues du centre de la capitale. Boulevard Lemonnier, avenue de Stalingrad, boulevard du Midi, au fil de la journée, nous découvrons les stigmates d’un week-end qui a vu des centaines de personnes terroriser tout un quartier. Des vitrines cassées, des portes manquantes, des panneaux en bois et des barrières qui font office de volet. Le Maroc a gagné mais les casseurs sont de sortie, l’amalgame est vite fait. "La situation va faire le chou gras des partis populistes et du Vlaams Belang en particulier", craint Mous, un habitant du quartier. "C’est triste qu’on stigmatise, mais pour moi, cela devait arriver".

Pour lui comme pour les autres riverains, les événements de ce week-end sont un choc. "C’est une honte ! Tout simplement. Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé", indique une passante, grand-mère d’une dizaine de petits-enfants. L’incompréhension est sur toutes les lèvres. "Moi, franchement, la situation m’interpelle. Que des dizaines de jeunes aient pu faire de tels dégâts, je ne comprends pas", confie Mohammed.

Au fil des rencontres, ce n’est pas tant la communauté marocaine qui est remise en cause mais plutôt les jeunes, de manière générale. Pour beaucoup, les événements survenus sont dus à un manque d’organisation de la part des autorités mais surtout par une politique qui ne prend pas assez en compte sa jeunesse. "La commune va voir ce qui se passe dans les autres pays et copie ce qui se fait là-bas alors que la spécificité du public ici n’est pas la même. Les jeunes qui vivent ici dans la commune ne sont pas les mêmes que ceux qui vivent à Paris et à Amsterdam", s’exprime Mous.

Pour lui, le problème est à régler à sa source. "Ils devraient faire un travail de fond, avec les acteurs sociaux, dans les quartiers."

D’autres habitants des environs sont du même avis. "Le match a été vu dans plusieurs endroits mais il n’y a qu’ici à Bruxelles que la situation a dégénéré ! Je pense que c’est la preuve que ce n’est pas la faute d’une communauté en particulier, c’est la faute de jeunes qui sont livrés à eux-mêmes, qui n’ont rien et qui ne sont pas pris en charge par le gouvernement", indique une enseignante du quartier.

Mous, cet habitant qui était présent le soir, s’est quant à lui résigné : "Je suis franchement choqué, mais au fond, ça ne m’étonne pas."