Des passagers en danger

D. Ha. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Une douzaine d’autocars contrôlés sous l’impulsion de l’auditorat du travail… un seul en ordre !

BRUXELLES Force était de constater samedi que la sécurité de passagers d’autocars à destination des pays du Maghreb est loin d’être assurée…

Sur douze autocars contrôlés lors d’une opération menée par l’auditorat du travail de concert avec les zones de polices Midi et Bruxelles Capitale-Ixelles, la police fédérale de la route, le SPF Mobilité et Transports, les Douanes et l’ONEM : un seul de ces autocars – immatriculés en Espagne – était parfaitement en ordre !

“J’imaginais qu’avec l’accident de Sierre, on aurait dû prendre conscience dans le secteur… Visiblement, ce n’est pas le cas et on continuera donc ces contrôles ! S’il le faut, on prendra des mesures de plus en plus coercitives” , prévient Aurore Vandendaele, première substitute de l’auditeur du travail de Bruxelles.

Pour cette seconde opération d’envergure en cette période de départs en vacances qui s’est déroulée à proximité du Boulevard Industriel à Anderlecht : “La priorité, c’était à nouveau de s’assurer que les conditi ons de sécurité soient remplies pour passagers” , indique Frédéric Laurent, commissaire de la Direction de Coordination et d’Appui de la police fédérale de Bruxelles. Au programme, donc : vérifications du respect des temps de conduite pour les chauffeurs et des systèmes de freinage de leurs autocars.

Au rayon des résultats : un bus immobilisé le temps que les réparations soient effectuées, trois remorques saisies pour non-conformité aux normes de sécurité et 10.000 € d’amendes payées pour les diverses infractions en matière de temps de repos, de conduite et d’utilisation du tachygraphe ainsi qu’en matière d’autorisation ou de licences de transport.

“Trois remorques ont notamment été saisies parce qu’elles n’avaient plus de freins… L’un des autocars a également été immobilisé parce que l’attache remorque du car était dessoudée sur une cinquantaine de centimètres et le car aurait donc pu la perdre en cours de route” , précise Frédéric Laurent.

Précisons qu’une remorque pèse en moyenne cinq tonnes et que si elle se désolidarise d’un bus qui roule à une centaine de km/h, c’est une masse inerte de 50 tonnes en mouvance qui peut alors facilement faire dévier l’autocar de sa route…

L’un des chauffeurs avait également près de quarante heures de conduite – sans temps de repos – dans le buffet. “Ces sociétés belges, qui ne vendent que des billets aller-retour ne sont pas des agences de voyage puisqu’elles n’ont pas de numéro d’agréation ! Cela veut donc dire que les passagers n’ont aucun recours devant la Commission Litiges Voyages en cas de pépin” , insiste l’un des contrôleurs du SPF Mobilité et Transports.

Une telle opération avait déjà été organisée le 22 juin passé et l’un des cars avait alors été saisi : un car Volvo assemblé au Maroc et homologué uniquement pour ce pays. “Un carrossier a dû le construire à partir d’un châssis Volvo, mais son système de freinage était totalement bidouillé…” , indique notre contrôleur du SPF Mobilité et Transports. Pour Aurore Vandendaele : “Le comble, c’est que personne n’est venu le réclamer à ce jour !”



© La Dernière Heure 2012
Publicité clickBoxBanner