Des policiers qui paient pour… travailler !

N. Ben. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Sypol dénonce cette situation surréaliste. Envoyés en commission rogatoire, des policiers ne sont plus remboursés des frais importants qu’ils avancent

BRUXELLES Régulièrement, des enquêteurs de la police judiciaire fédérale belge sont envoyés à l’étranger en commission rogatoire à la demande de magistrats estimant qu’il y a lieu d’enquêter dans un autre pays sur telle ou telle affaire criminelle.

Jusqu’il y a peu, chaque fois que des policiers devaient effectuer une telle mission, ils rentraient leur note de frais au bureau voyage de la direction des finances à la police fédérale. Ils avaient parfois à avancer les sous en payant le voyage, l’hôtel,… avec leur carte Visa mais le délai entre ce paiement et le remboursement par le bureau des voyages de la police fédérale n’était que très court.

Ce n’est plus le cas ! Voilà désormais que des policiers se retrouvent à payer tous les frais pour leur travail à l’étranger, des sommes allant de 1.500 à 3.000 € voire plus pour certains voyages, sans être remboursés !

Le Sypol dénonce cette situation et appelle les policiers à tout simplement renoncer aux missions à l’étranger tant que la situation n’évolue pas. Le commissaire Eddy Lebon, secrétaire national du syndicat Sypol, cite plusieurs cas de policiers n’ayant toujours pas récupérer les centaines d’euros avancés pour travailler.

“Les policiers doivent toujours avoir l’aval d’un magistrat pour aller enquêter à l’étranger. Une fois celui-ci obtenu, il est de coutume qu’ils avancent les frais de voyage au moyen de leur carte Visa. Avant, ces frais étaient remboursés très rapidement. Mais depuis le passage à Fedcom, le projet de comptabilité général au sein de l’État, c’est le ministère des Finances qui règle en principe les notes. Sauf que, pour plusieurs policiers, cela ne s’est toujours pas fait !”, s’exclame le commissaire Eddy Lebon.

Et le syndicat ne remet pas en cause ici les compétences de la direction générale à la police fédérale, qui “n’y est pour rien”, précise Eddy Lebon. Le problème se situerait plutôt du côté du ministère des Finances qui jusqu’ici n’apporte aucune réponse à cette absence de remboursement des frais liés aux missions à l’étranger des enquêteurs. L’un d’entre eux vient d’apprendre qu’il devra encore attendre dix jours avant de se voir remettre les 1.500 euros qu’il a avancés pour travailler. Et ce, bien sûr, en ne tenant nullement compte des intérêts perdus par le policier pendant tout ce temps.



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