Faits divers Opération Trottoir. Des dizaines de discothèques contrôlées toute la nuit de samedi à dimanche…


BRUXELLESA minuit, samedi soir, l’opération ne fait encore que commencer. Mais il est clair déjà qu’elle va concerner environ 350 établissements de nuit répartis partout en Belgique, dont une petite soixantaine dans la capitale.
Préparée dans le plus grand secret, elle est ordonnée par le ministre Duquesne himself, supervisée par la Police Générale du Royaume et exécutée, dans un esprit proche de la future police locale, par les services confondus de police et de gendarmerie.
Allez savoir pourquoi, elle a curieusement reçu le nom d’Opération Trottoir. D’Ostende à Arlon, de Mons à Hasselt, en Flandre comme en Wallonie et en Région bruxelloise, elle mobilise un bon demi-millier d’hommes. Ceux-ci ont la nuit et jusqu’à l’aube pour inspecter cabarets, night-clubs, discothèques, dancings et mégadancings, tous ces lieux où l’alcool, la drogue, les vols, les bagarres – sans pour autant qu’il s’agisse d’une règle – peuvent engendrer un climat d’insécurité.
La priorité des forces de l’ordre, c’est visiblement les portiers. Depuis exactement un an, ceux-ci sont soumis à une réglementation qui leur interdit de fouiller la clientèle – même sous prétexte de drogue –, d’utiliser la force, de tenir des fichiers, d’être armés (l’interdiction s’étend aux pepper sprays et aux coups de poing américains que l’on trouve encore pourtant ici et là…) ou de faire usage de menottes.
De la loi à la pratique, il peut y avoir de la marge: en organisant Trottoir, l’Intérieur veut s’assurer que la nouvelle législation est parfaitement respectée partout.
Les établissements de nuit ne peuvent employer de portiers qui, sans pour autant avoir été condamnés, seraient connus des services de police pour racisme. Les contrôles portent aussi sur les pourboires qu’il est interdit aux portiers d’exiger de la clientèle (sous peine de se voir poursuivi pour extorsion).
Le travail au noir est un autre aspect des contrôles en cours: des fonctionnaires de l’inspection sociale participent à l’opération.
La clientèle, en revanche, n’est pas visée encore qu’ici et là, des clients, dans la mesure où leur comportement paraît parfois suspect, sont invités à se plier à des fouilles sommaires (recherche d’armes, de stupéfiants…). A minuit, l’opération Trottoir, n’avait pas encore débuté partout. Mais tout se passait comme prévu, sans incident majeur.